lundi 22 juillet 2024

Inclusion financière : la Reine Máxima des Pays-Bas salue les progrès du Maroc

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Sa Majesté la Reine Máxima des Pays-Bas, Mandataire spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour la promotion de services financiers accessibles à tous qui favorisent le développement (UNSGSA), s’est félicitée, mardi dernier à Rabat, des progrès enregistrés par le Maroc en matière d’inclusion financière, soulignant que 44% des citoyens ont pu désormais accéder à des services financiers formels en 2021, via une banque classique ou un compte d’argent mobile, contre seulement 29% en 2017.

Intervenant lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de son entretien avec le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, la Mandataire spéciale du secrétaire général des Nations unies a salué les efforts consentis par le Royaume pour accélérer l’inclusion financière, citant à titre d’exemple les réformes des textes réglementaires, le lancement d’une stratégie nationale d’inclusion financière et la mise en place d’un écosystème de paiement digital.

Ainsi, tout en appelant à persévérer sur la même voie de manière à amplifier la portée des progrès, Sa Majesté la Reine Máxima des Pays-Bas a plaidé pour la poursuite de la digitalisation des services publics (y compris dans le domaine de la santé), des transferts sociaux, des versements de salaires, ainsi que des transactions commerciales.
«Aujourd’hui, 30% de la population mondiale survivent sans disposer des services financiers de base dont ils auraient besoin pour se prémunir contre les aléas et investir dans leur avenir. L’inclusion financière vise justement à offrir des opportunités économiques à tous, notamment aux populations les plus pauvres, en élargissant l’accès à des services financiers intéressants. Ces dernières années, les paiements numériques ont démontré leur efficacité en tant qu’instruments d’inclusion financière en permettant à des millions de personnes d’effectuer des transactions plus sûres, rapides et moins coûteuses. Ils peuvent inciter les individus à ouvrir un compte bancaire. En outre, ils permettent d’amoindrir le problème des comptes inactifs en offrant de nouvelles applications dont les usagers se servent plus efficacement», a-t-elle souligné.
La haute responsable a relevé par ailleurs l’importance d’assurer le passage des paiements en espèces vers des solutions numériques, notant que de nombreuses entreprises privées novatrices ont donné à ce phénomène une impulsion d’une grande importance, soulignant que l’enjeu majeur consiste à faire adhérer les très petites et moyennes entreprises ainsi que les commerçants de proximité à cette transition numérique. «La réduction des paiements en espèces devra passer par une généralisation de la numérisation des paiements, y compris chez les petits commerçants qui s’appuient dans leur transaction sur le cash, de peur d’une surtaxation ou d’un mauvais calcul de leurs impôts», a-t-elle annoncé.
Sur un autre registre, la Reine Máxima a plaidé pour le renforcement de la convergence des mesures prises par le secteur public et le secteur privé pour renforcer davantage cette inclusion et promouvoir une économie numérique inclusive. «En permettant aux secteurs public et privé d’élaborer les modèles économiques appropriés, on peut aider à concevoir et proposer des produits et services innovants de technologies financières dont les populations ont vraiment besoin», a-t-elle déclaré.
Pour sa part, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, a passé en revue les mesures prises par le Maroc pour renforcer l’inclusion financière rappelant que la Banque centrale avait mis en place, en partenariat avec le ministère de l’Économie et des finances, une stratégie nationale d’inclusion financière en 2019 dont le déploiement est assuré en collaboration avec plusieurs institutions publiques et privées. Cette stratégie vise à garantir l’accès de l’ensemble des individus et entreprises à des produits et services financiers adaptés à leurs besoins et à leurs moyens, et ce afin de favoriser une autonomisation des femmes et de réduire les disparités entre différents groupes de la population, en particulier les femmes, les ruraux, les jeunes et les TPE.
Abordant le développement du paiement mobile, le gouverneur de la Banque centrale a indiqué que l’encours global des M-Wallets émis par les établissements a considérablement augmenté. Le haut responsable marocain a tout de même reconnu l’existence d’une certaine résistance au niveau des commerçants de proximité et qui est due notamment à des facteurs culturels. En effet, Abdellatif Jouahri a indiqué que l’utilisation du paiement mobile comme moyen de paiement, notamment pour le règlement des transactions d’achat, représente un usage nouveau dont le développement constitue un réel challenge, d’autant plus que «la partie relative à l’adhésion des commerçants représente une phase cruciale et difficile, puisque nécessitant un effort d’éducation, de sensibilisation et d’incitation à l’acceptation des paiements électroniques».

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