jeudi 18 avril 2024

Rowaida Mroue : « Le Polisario devra cesser sa pression sur les Marocains du Sahara »

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Rowaida Mroue en visite à Mostapha Selma Ould Mouloud

 

 

 

 

 

  Fondatrice du Centre International de la Formation et de la Résolution des Conflits, Rowaida Mroue est journaliste libanaise et militante des droits de l’homme. Depuis que son centre œuvre à gérer les conflits politiques du monde arabe, elle a choisi de s’intéresser, en premier lieu, au conflit du Sahara marocain.

 

 

 

 Vous êtes libanaise, comment avez vous été amenée à vous mobiliser en faveur du Sahara marocain?

 

 

  Rowaida Mroue : Suite à une série d’échanges culturels entre jeunes journalistes et activistes politiques du monde arabe, j’ai eu l’occasion de visiter le Maroc. Lorsque je me suis intéressée de plus près à la question du Sahara, l’idée de défendre cette cause a commencé à faire son chemin. Ensuite, j’ai décidé de passer quelques jours dans les camps des réfugiées de Tindouf pour témoigner directement de leur vécu. A ce moment-là, j’ai réalisé que le problème du Sahara ne revêt pas uniquement un aspect politique, mais demeure d’ordre humanitaire avant toute chose.

 

 

 

Quelles actions avez-vous entreprises ?

 

  Voici seulement deux ans que je milite pour la gestion de ce conflit grâce au Centre International du développement, de la formation (ITCR) et de la résolution des conflits. Je suis intervenue plusieurs fois à l’ONU, à Genève, Vienne et New York. Par le biais de divers rapports, articles et pétitions, je cherche à faire entendre ma voix dans l’optique de susciter la mobilisation du monde entier.

 

 

 

N’est-il pas rare d’entendre une jeune militante arabe défendre la marocanité du Sahara ?

 

  Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas compris comment une militante libanaise des droits de l’homme pourrait défendre, avant autant d’intérêt, la question du Sahara marocain car l’attention des militants arabes est braqué, depuis près d’un siècle, sur des questions plus délicates telle la cause palestinienne, les guerres irakiennes ou d’autres conflits au Proche et Moyen Orient.

 

 

  Il y a eu tout de même des journalistes libanais qui se sont intéressés à cette question. Pour avoir passé plusieurs jours avec des familles déboussolées dans les camps du Polisario, je peux dire que la question exige la mobilisation de beaucoup d’arabes, aux jeunes militants compétents et aux spécialistes juridiques en droit de l’homme dans le monde arabe. Les réseaux sociaux et nouveaux médias aident énormément en ce sens.

 

 

 

Quels ont été les premiers aboutissements de vos actions pour la résolution de ce conflit qui en sera bientôt à son 37e anniversaire ?

 

  L’ONU est très ouverte aux revendications des Sahraouis car, pour elle, ce territoire reste non autonome. Quant à moi, je pense que si référendum il y a, l’Algérie comprendra qu’elle n’a rien gagné en mettant des bâtons dans les roues au Maroc. Au sein des camps, les Sahraouis reconnaissent presque unanimement la marocanité du Sahara. Autrement dit, le Polisario ferait mieux de cesser sa guéguerre qui n’a que trop duré. Cependant, l’Algérie ne changera pas de position en l’absence d’une pression internationale.

 

 

Le vent de fraîcheur du «Printemps arabe » soufflera-t-il sur le Sahara ?

 

  Selon moi, le Printemps arabe ne peut être que bénéfique à la question du Sahara, car de nouveaux présidents sont en train de remplacer les anciens dictateurs qui avaient, pendant de longues décennies, accordé la priorité aux grands intérêts stratégiques du Proche et Moyen orient, sans bouger le petit doigt pour gérer le conflit du Sahara marocain. L’avenir nous en dira plus…

 

 

Houda Belabd

 

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