mercredi 7 décembre 2022

Davos: inquiétude sur la montée des sentiments anti-migrants dans les pays occidentaux

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AFP

  La proximité d’élections dans une quinzaine de pays occidentaux et le ralentissement économique risquent d’accentuer les sentiments anti-migrants dans ces pays, s’est inquiété mercredi William Lacy Swing, patron de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

 

  A la tête de cet organisme intergouvernemental qui rassemble 146 Etats membres, M. Swing, interrogé par l’AFP, s’exprimait à l’issue d’un débat sur « l’avenir du capital humain » dans le cadre du Forum économique mondial de Davos.

 

Q. Partagez-vous le pessimisme ambiant à Davos?

  R. Mon souci principal, c’est l’effet que va avoir le ralentissement économique sur les mouvements de personnes à la recherche d’emplois, de formation universitaire ou autres, avec la montée des sentiments anti-migrants. Avec le ralentissement économique mais aussi la perspective d’élections majeures dans une quinzaine de pays, les gens vont moins être concernés par les questions de migrations, c’est inévitable.

 

  La question des migrations irrégulières est une question importante mais il faut voir que la plus grande partie des migrants sont là sur une base tout à fait légale, alors que le public est parfois focalisé sur la question des migrants sans papiers. C’est compréhensible mais il faut parier sur la contribution positive des migrants.

 

  Nous essayons aussi de travailler avec les gouvernements pour définir les règles qui vont limiter le nombre des personnes entrant dans un pays illégalement, c’est un défi mais ce n’est pas le plus important.

 

Q. Qu’est-ce qui est le plus important ?

  R. Le plus important, c’est de reconnaître l’incontournabilité et la nécessité de migrations à grande échelle dans les pays développés sans lesquelles certains emplois ne pourront être pourvus en raison de la démographie et d’autres facteurs (…). Comment faciliter les mouvements de personnes vers ces emplois?

 

  Ce ne sont pas les plus pauvres des pauvres qui émigrent. Ce sont ceux qui ont assez d’argent pour émigrer. Certains sont des migrants économiques, d’autres veulent réaliser leur rêve, d’autres encore sont à la recherche d’un meilleur niveau d’éducation qu’ils n’ont peut-être pas chez eux. Beaucoup viennent pour satisfaire une ambition et viendront de toute façon.

 

  Il y a des risques mais l’immense majorité des migrants apportent une immense contribution au pays dans lequel ils se rendent: ils sont très motivés et envoient de l’argent à leurs familles.

 

Q. Quels sont les risques?

  R. Il faut s’occuper de l’immigration illégale parce qu’elle est liée au trafic des êtres humains, et si vous restreignez trop les flux migratoires, alors vous jetez plus de migrants dans les bras des trafiquants, l’un des plus grands groupes criminels de notre temps.

 

  A l’OIM, nous travaillons avec les gouvernements sur les programmes de lutte contre le trafic d’êtres humains pour renforcer les lois sanctionnant les trafiquants et nous portons assistance partout dans le monde aux victimes de ces trafics, accueillis dans nos centres. Chaque année, nous contribuons au flux de quelque 250.000 migrants et nous aidons au retour de quelque 30.000 à 35.000 migrants clandestins.

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