mardi 21 mai 2024

Les enjeux des élections générales en Espagne

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Les Espagnols éliront dimanche les 350 députés et 208 des 265 sénateurs de la 15ème législature, dans le cadre des élections générales anticipées, qui se tiennent pour la première fois en été.

L’expert et l’analyste politique, Javier Fernandez Arribas, analyse, pour la MAP, les enjeux et les attentes de ces élections organisées en pleine présidence espagnole de l’Union Européenne (UE).

1- Quels sont les enjeux de ces élections ?

Les enjeux de ces élections pourraient se résumer au choix du peuple espagnol entre deux programmes électoraux avec des principes et des valeurs qui défendent clairement l’état de droit, des mesures économiques et sociales pour tous et le respect des institutions et pratiques démocratiques.

Les Espagnols sont, donc, appelés à choisir entre deux modèles de gouvernance pour les quatre prochaines années. Toutefois, des coalitions seraient nécessaires pour former le prochain gouvernement espagnol.

D’un point de vue logistique, le défi consiste à faire en sorte que tous les Espagnols qui souhaitent voter puissent le faire. Reste à savoir le niveau de mobilisation des citoyens, car c’est la première fois dans l’histoire de l’Espagne que des élections générales soient organisées au milieu de l’été.

2-Qu’attendent les Espagnols de ces élections ?

Comme tous les citoyens du monde, les Espagnols attendent des solutions ou au moins des propositions concrètes à leurs problèmes quotidiens : L’inflation baisse, mais le pouvoir d’achat souffre toujours, les pensions doivent augmenter pour permettre aux retraités de vivre dignement. Les jeunes doivent pouvoir bénéficier d’une éducation et d’un emploi décents.

Bref, les citoyens attendent du nouveau gouvernement qu’il améliore leurs conditions de vie.

Le plus important est de garantir une stabilité institutionnelle qui permettra de réaliser les objectifs escomptés en matière économique, sociale et de progrès, notamment dans une conjoncture marquée par la présidence espagnole de l’UE. 3- Selon les programmes électoraux, ce scrutin confronte deux modèles de gestion totalement opposés. Quelle lecture faites-vous des deux projets ?

Oui, effectivement il s’agit de deux modèles de gouvernance. Avec son programme, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) tente de capter le vote des jeunes, tout en renforçant la couverture sociale des plus défavorisés. Il propose la gratuité des études universitaires et de la formation professionnelle supérieure pour les étudiants qui réussissent leur cursus du premier coup et la création de de 250.000 nouvelles places de formation professionnelle.

Les socialistes s’engagent également à mettre en place un système de gratuité des transports pour tous les jeunes jusqu’à l’âge de 24 ans, à mettre à la disposition 183.000 logements locatifs publics, dont la moitié pour les jeunes et à réduire les listes d’attente par la loi dans le système de santé publique.

Le programme du PP porte le slogan « c’est le moment », dans lequel il propose des mesures de réduction d’impôts et se dit prêt à apporter quelques modifications aux lois sur l’euthanasie et l’avortement, mais aussi à les abroger.

La formation dirigée par Alberto Nunez Feijoo plaide pour la réduction de la TVA sur certains produits alimentaires de base tels que la viande, le poisson ou les conserves, même s’il s’agit d’une réduction temporaire, la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes et la simplification de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises en difficulté et celles qui embauchent un grand nombre de personnes en contrat à durée indéterminée.

Elle s’engage également à l’abrogation de la loi sur le logement et la création d’un pacte d’État pour le logement, afin de le rendre plus abordable et à l’abrogation de la loi sur la mémoire démocratique pour « éliminer les obstacles qui empêchent le rétablissement de l’harmonie et de l’accord ».

4- Comment évaluez-vous le déroulement de la campagne électorale ?

Malheureusement, il y a eu trop de demi-vérités qui sont des mensonges très préjudiciables, ainsi que des informations manipulées qui ne correspondent pas à la réalité des citoyens.

Les partis qui se sont davantage concentrés sur les propositions obtiendront le plus de soutien de la part des électeurs qui veulent des solutions crédibles et solvables, et non de fausses promesses qui ne pourront pas être tenues.

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