jeudi 18 avril 2024

Consommation: les ONG exigent un meilleur étiquetage

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Khadija Skalli

  Le consommateur marocain est-il suffisamment informé sur les produits qu’il consomme ? Les informations que fournit l’étiquetage des produits de consommation sont loin de combler les attentes de la fédération nationale des associations de protection des consommateurs, qui organise en mars une semaine nationale sur «le droit des consommateurs à l’information», à l’occasion de la Journée mondiale des droits des consommateurs, célébrée le 15 mars de chaque année.

 

 

  La rencontre inaugurale de cette manifestation, initiée en partenariat avec le ministère du commerce et de l’industrie, se tiendra le 12 mars à Casablanca, et sera suivie par des séminaires régionaux dans les différentes villes du pays. Le but étant de relancer le débat sur ce droit fondamental des consommateurs.

 

 

  « L’étiquetage alimentaire est un outil important qui permet aux consommateurs de se renseigner sur ce qu’ils envisagent d’acheter. Cependant, nous trouvons que les informations mentionnées sur l’étiquette ne sont pas exhaustives. A titre d’exemple, l’étiquette renseigne sur la nature des additifs alimentaires contenus dans le produit mais ne donne aucune information sur leur qualité, et encore moins sur leur quantité. Car il y a des doses à ne pas dépasser. Dans le cas contraire, l’additif devient dangereux pour la santé», souligne Mohammed Benkaddour, président de la fédération nationale des associations de protection des consommateurs. Et de poursuivre : « Les ingrédients du produit et la date de péremption sont également écrits en minuscule. Tout cela est appelé à changer pour avoir des informations en bonne et due forme ».

 

 

En attente de textes d’application

 

  La loi 31-08 relative à la protection du consommateur contre les abus, adoptée en 2011, consacre ce droit à l’information des consommateurs. Cependant, les textes d’application relatifs à ce volet ne sont pas encore publiés au le BO (Bulletin officiel). Ces textes se font toujours attendre. « Le ministre du commerce et de l’industrie prépare, en collaboration avec les associations, les textes d’application. Les rencontres qui auront lieu le mois prochain visent à réunir les experts du domaine pour recueillir leurs avis sur un modèle d’étiquetage à mettre en place, et qui devrait être stipulé dans les textes d’application pour obliger le fournisseur à le respecter», renchérit  Mohammed Benkaddour.

 

 

   Ce dernier soulève également la problématique de sensibilisation des consommateurs sur l’importance des informations inscrites sur l’étiquette, à lire impérativement. «Des actions de proximité de sensibilisation doivent être menées pour informer l’opinion publique, notamment sur les codes des additifs que seuls les spécialistes connaissent. Ce rôle incombe aux associations», poursuit-il.

 

 

  Le président de la fédération nationale des associations de protection des consommateurs soulève en outre la problématique de l’analphabétisme, qui sévit dans le pays. « Les 30% des marocains, qui ne savent ni lire ni écrire, ignorent tout ce qui concerne les produits qu’ils consomment ».

 

 

  Par ailleurs, la semaine nationale sur le droit à l’information sera l’occasion de débattre des textes d’application concernant la loi 28-07 relative à la sécurité alimentaire. Le texte de loi est entré en vigueur en 2010, toutefois, les textes d’application se font toujours attendre. C’est l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) qui en a la charge.

 

 

  Après l’adoption de ces deux textes de lois, quelle évaluation peut-on faire de l’état actuel de la protection des droits des consommateurs? Pour  Mohammed Benkaddour, «un premier pas en avant a été franchi. Reste à engager d’autres actions pour atteindre l’objectif escompté ».

 

 

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