lundi 30 janvier 2023

La Banque mondiale met en avant la viabilité économique des véhicules électriques dans les pays en développement

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 Les véhicules électriques offrent une option réalisable et rentable pour mettre en marche la transition vers l’ « e-mobilité », tout en favorisant le développement, souligne une nouvelle étude de la Banque mondiale.

L’électrification des moyens de transport est l’une des solutions le plus souvent évoquées pour mettre le monde sur la voie de la neutralité carbone, affirme l’institution financière internationale dans un communiqué.

« Dans les pays en développement, faiblement émetteurs, passer des véhicules conventionnels aux véhicules électriques (VE) procure des bénéfices annexes : amélioration de la qualité de l’air, desserte du dernier kilomètre dans les zones isolées et réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de carburants, » ajoute la même source.

Malgré ces avantages, les VE demeurent relativement rares dans ces pays : en 2021, la grande majorité des 6,6 millions de véhicules électriques vendus dans le monde l’ont été sur quelques grands marchés mondiaux, comme la Chine, l’Europe ou les États-Unis.

Leur prix d’achat est plus élevé que celui des véhicules thermiques, la différence dépassant parfois 70 %, ce qui représente un obstacle financier pour de nombreux consommateurs des pays en développement, relève l’institution basée à Washington.

La nouvelle étude de la Banque mondiale, The Economics of E-Mobility for Passenger Transportation, montre que sur de nombreux marchés, les économies en carburant et en entretien cumulées sur la durée d’existence d’un VE compensent largement la différence de coût à l’achat.

En outre, dans environ la moitié des pays étudiés, la rentabilité économique de la mobilité électrique s’avère déjà élevée si l’on tient compte et traduit en valeur monétaire ses bénéfices pour la santé et pour l’environnement.

Sa viabilité devrait en outre s’accroître d’ici à 2030, du fait de la baisse des prix et de la multiplication des stations de recharge.

« Nous connaissions déjà l’importance d’une transition vers la mobilité électrique, souligne Riccardo Puliti, vice-président chargé des Infrastructures à la Banque mondiale. Cette étude nous confirme qu’elle est réalisable. Notre rapport l’établit clairement : tous les pays doivent se doter d’un plan d’intégration des véhicules électriques dans leur stratégie de mobilité durable. »

En plus de souligner l’intérêt économique de la mobilité électrique, ce document met en avant plusieurs actions que les gouvernements et institutions financières pourraient entreprendre pour accélérer la transition vers les véhicules électriques.

« On observe ainsi que les investissements dans des infrastructures de recharge sont jusqu’à six fois plus efficaces que les subventions d’incitation à l’achat de VE, » souligne la Banque Mondiale, qui préconise de faire avancer la création de modèles innovants en matière de location-vente et de recyclage des batteries afin de réduire le coût des véhicules, et favoriser une hausse des financements bancaires.

Les États devront aussi examiner les implications budgétaires de la transition vers l’ »e-mobilité », en particulier dans le cas où les taxes sur les carburants représentent une part importante de leurs recettes fiscales, ou que la viabilité financière des fournisseurs d’électricité est déjà fragile.

« La mobilité assure un rôle vital en reliant les personnes à l’emploi et à l’éducation et en leur donnant accès à des services indispensables et de nouvelles perspectives. Mais chaque année, à cause de troubles de la santé dus à la pollution de l’air, 7,8 millions d’années de vie sont perdues. Il est urgent de réduire les émissions produites par les transports et il faut pour cela mobiliser tous les moyens à notre disposition pour décarboner ce secteur, dont notamment la mobilité électrique, » affirme Cecilia Briceno-Garmendia, économiste principale au pôle Transports de la Banque mondiale et auteure principale du rapport.

Pour les pays en développement, la question aujourd’hui n’est plus de savoir « si » il faut engager cette transition, mais plutôt « comment » et « quand » ils y parviendront, souligne Briceno-Garmendia.

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