vendredi 21 juin 2024

Appel à une loi organique sur l’amazigh consacrant l’officialisation de cette langue

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Lareleve.ma-MAP

 

   Les participants à une table ronde sur le thème «Contenu de la loi organique de l’officialisation de l’amazighe», organisée dans le cadre de la huitième édition du Festival méditerranéen de la culture amazighe «Twiza», ont souligné que l’acquis que représente l’officialisation de cette langue, qui est le fruit d’un dynamisme sociétal et d’une concertation entre l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, a encore besoin d’être concrétisé à travers une loi organique traçant les mécanismes de sa mise en œuvre.

 

   À cet égard, Mohamed Ouzzine, membre du bureau politique du Mouvement populaire (MP), a noté l’importance d’une bonne gestion du temps, la Constitution stipulant que les lois organiques doivent être approuvées durant l’actuel mandat législatif, ajoutant que ce chantier ne concerne pas seulement le gouvernement, mais doit être mené selon une approche participative incluant les militants et les acteurs de la société civile.

 

   M. Ouzzine a aussi relevé l’importance de l’adoption de la loi organique du Conseil national des langues et de la culture marocaine, qui sera chargé de la protection et du développement des langues arabe et amazighe et des diverses expressions culturelles marocaines, et qui aura aussi un grand rôle dans la promotion de la langue amazighe.

 

   De son côté, Khadija Rouissi, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM), a mis en avant les valeurs adoptées par la nouvelle Constitution, dont la pluralité, la décentralisation et les droits de l’Homme, et qui doivent se refléter dans la loi organique de l’officialisation de l’amazigh, appelant à s’inspirer des expériences des pays étrangers en matière de gestion de la pluralité linguistique et culturelle.

 

   Elle a aussi souligné que la question amazighe ne se limitait pas à la reconnaissance de la langue, mais concerne également la mise en valeur de cette composante de l’identité nationale en tant que culture et civilisation.

 

   Pour sa part, le membre du bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachguer, a estimé que la loi organique devait définir la place de la langue amazighe standard et des différents dialectes amazighs, appelant à mettre en place une carte des dialectes amazighs et à renforcer la visibilité de cette langue dans l’affichage public et les espaces urbains. Il a également plaidé pour l’ouverture d’un dialogue national sur l’intégration de la langue amazighe dans les institutions publiques, de manière à traduire cette officialisation dans la vie pratique.

 

Vers la création d’une fondation du grand écrivain Mohamed Choukri

 

   Le projet de créer une Fondation du grand écrivain Mohamed Choukri a été dévoilé samedi lors de la 6e rencontre autour de ce grand écrivain, organisée dans le cadre de la 8e édition du festival méditerranéen de la culture amazighe «Twiza». Cette fondation verra le jour grâce à un partenariat entre notamment la commune urbaine de Tanger, la délégation du ministère de la Culture et la fondation du festival Twiza, a fait savoir le maire de la ville de Tanger, Fouad El Omari, qui a annoncé qu’un siège digne d’accueillir cette nouvelle institution culturelle sera disponible dans les semaines à venir.

 

   En dehors de sa qualité d’écrivain reconnue à l’échelle internationale, le regretté a fait connaitre la ville de Tanger dans le monde entier à travers ses livres et la nouvelle fondation doit être digne de porter son nom, a-t-il indiqué.

 

   De son côté, le délégué de la Culture à Tanger, Abdelaziz Idrissi, a souligné qu’il est grand temps de concrétiser ce projet qui est dans le pipe depuis 2006, se félicitant de l’appui de plusieurs partenaires qui ont manifesté leur intérêt pour le projet, notamment le gouvernement autonome d’Andalousie.

 

  Le partenariat avec la commune urbaine ne s’arrêtera pas à ce projet, mais englobera plusieurs actions et initiatives en faveur de la scène culturelle de la ville du Détroit, a fait savoir M. Idrissi, ajoutant que Tanger a grand besoin d’institutions culturelles de ce genre, la ville n’ayant pas connu de réalisations dans ce domaine depuis 1986.

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