lundi 22 juillet 2024

Energies éolienne: le Maroc passe à la vitesse supérieure selon un rapport du GWEC

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Selon un récent rapport du Global Wind Energy Council (GWEC), le Maroc progresse rapidement dans le développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne.
Le rapport met en lumière les objectifs ambitieux du pays en matière d’énergies renouvelables pour atteindre ses objectifs climatiques, les défis à relever pour atteindre ces objectifs, tout en émettant des recommandations pour accélérer le développement de l’énergie éolienne au Royaume.

Le rapport note que le Maroc a lancé des réformes pour développer davantage son secteur des énergies renouvelables. Le Royaume vise à produire plus de la moitié de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables d’ici 2030, contre environ 15% aujourd’hui. « Le gouvernement marocain cherche à augmenter la sécurité de l’approvisionnement en réduisant la dépendance aux importations énergétiques, notamment en développant des sources d’énergie renouvelable pour la production d’électricité« , indique le document.

Objectifs et recommandations

Par ailleurs, le GWEC note que le Maroc dispose d’excellentes ressources éoliennes et possède l’une des plus grandes flottes éoliennes terrestres d’Afrique, après l’Afrique du Sud et l’Égypte. La capacité installée devrait atteindre 5 GW d’ici 2035, soutenue par des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables. Le pays a ratifié l’Accord de Paris en 2016 et a adopté la Politique sur le changement climatique du Maroc en 2019, qui vise à ajouter 10 GW de capacité en énergies renouvelables d’ici 2030, dont 4,2 GW éoliens et 4,5 GW solaires. D’autres plans visent à ce que 80 % de l’énergie soit fournie par des sources renouvelables d’ici 2050.

Le rapport ajoute que le Maroc a atteint son objectif de 42 % d’énergie renouvelable en 2020 et une croissance de 10% des énergies renouvelables d’ici 2030 semble raisonnable. Cependant, les objectifs en matière de capacité éolienne pourraient être plus difficiles à atteindre. Le document souligne ainsi que le pays n’a pas pu atteindre son objectif de 2 GW d’énergie éolienne en 2020, bien que la capacité ait continué de s’étendre jusqu’alors.

Pour accélérer le développement de l’énergie éolienne, le rapport a proposé plusieurs recommandations, notamment l’égalisation des coûts de réseau pour les producteurs indépendants d’énergie et l’ONEE (Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable), l’autorisation du partage des points de connexion au réseau entre les projets éoliens et solaires, l’utilisation des objectifs ambitieux du Maroc en matière d’hydrogène vert pour inciter davantage à la production d’énergie éolienne, et la facilitation par le gouvernement de la mise en relation des accords d’achat d’électricité (PPA) entre les développeurs éoliens et les entreprises privées.

Deux scénarios probables

Le rapport a établi deux scénarios possibles pour le développement de l’énergie éolienne au Maroc. 

Dans le cadre du premier Scénario, « business-as-usual », le Maroc poursuivra son développement actuel sans changements majeurs dans les politiques et les réglementations. Entre 2023 et 2027, il est prévu que 1,5 GW de capacité éolienne seront installés. La valeur ajoutée brute directe et indirecte générée au cours de cette période serait de 1,2 milliard de dollars sur la durée de vie des parcs éoliens. De plus, 45 000 emplois directs et indirects en équivalent temps plein (ETP) seraient créés lors des phases de développement, de construction et d’installation, et 2 400 emplois annuels en ETP dans la maintenance et l’exploitation.

Le deuxième scénario, lui, est relatif à l’accélération de l’énergie éolienne. Ce scénario suppose que les obstacles actuels sont levés et que les recommandations du rapport sont mises en œuvre pour stimuler le développement de l’énergie éolienne. Dans ce cas, plus de 2,1 GW de capacité éolienne pourraient être installés entre 2023 et 2027. La valeur ajoutée brute directe et indirecte générée au cours de cette période atteindrait 1,7 milliard de dollars sur la durée de vie des parcs éoliens, soit une amélioration de 500 millions de dollars par rapport au scénario « business-as-usual ». De plus, 57 700 emplois directs et indirects en ETP seraient créés lors des phases de développement, de construction et d’installation, et 4 800 emplois annuels en ETP.

Ainsi, selon le rapport, le Maroc est sur la bonne voie pour développer son secteur des énergies renouvelables et atteindre ses objectifs climatiques. Soulignant qu’en levant les obstacles et en mettant en œuvre les recommandations proposées, le pays peut accélérer le développement de l’énergie éolienne, créer des emplois, réduire sa dépendance aux importations énergétiques et contribuer significativement à la lutte contre le changement climatique.

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