vendredi 21 juin 2024

Tunisie: dépôt d’une plainte contre un prêcheur radical égyptien

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Lareleve.ma-AFP

  Des avocats tunisiens ont déposé plainte pour dénoncer « l’utilisation des mosquées à des fins politiques » suite aux prêches d’un prédicateur radical égyptien invité en Tunisie par des associations islamistes, a indiqué mercredi à l’AFP l’une des plaignantes.

 

 

  « Nous sommes en train de déposer plainte au nom d’associations de la société civile contre ceux qui utilisent les mosquées à des fins politiques », a déclaré l’avocate Bochra Belhaj Hmida. « Il y a une atteinte à la souveraineté de la Tunisie, et il n’y a pas de raison d’utiliser les mosquées pour diffuser un discours de haine et de dissension », a-t-elle ajouté.

 

 

  Dans une courrier adressé mardi par voie d’huissier aux principales autorités tunisiennes, dont les ministres des Affaires religieuses et des Droits de l’Homme, le « mouvement citoyen » Kolna Tounes les a appelés à « mettre fin au cycle de conférences » du prédicateur égyptien Wajdi Ghonim.

 

 

  « Il a incité à la haine et à la violence y compris à l’encontre des autres religions, il a appelé à la polygamie malgré son interdiction par le code du statut personnel, il a appelé à porter atteinte à l’intégrité physique des femmes par la pratique de l’excision », dénonce le courrier. Le prédicateur égyptien Wajdi Ghonim, réputé pour son radicalisme, est arrivé samedi en Tunisie à l’invitation de trois associations islamistes peu connues, nées après la révolution. Il a effectué une série de prêches dans des mosquées notamment à Sousse (est), à Mehdia (200 km au sud de Tunis), et une conférence à la coupole d’El Menzah, un grand centre sportif à Tunis, où il a été ovationné samedi par des milliers de personnes. Selon la presse, il sera en Tunisie jusqu’à vendredi.

 

 

  « La Tunisie est le premier pays qui a fait la révolution et il sera inch’ allah le premier pays qui appliquera la charia islamique », a déclaré M. Ghonim lors d’une interview mercredi sur la radio islamique Zitouna. « Les gens en Egypte et en Tunisie ont voté pour la religion, ils veulent l’islam, ils veulent la religion », a-t-il martelé.

 

 

  Dans un de ses prêches lundi il avait fustigé « les libéraux, les laïques et ceux qui détestent la religion » et dénoncé « les apostats ».

 

 

  Quelques responsables politiques tunisiens, dont le porte-parole d’Ettakatol, parti de gauche allié aux islamistes d’Ennahda, se sont aussi élevés contre cette visite et ont appelé le gouvernement à prendre position. Jusqu’à présent, seul le ministre de l’Intérieur a réagi, assurant que « quand il y a des appels qui touchent à la liberté d’expression ou d’opinion, l’Etat prend les mesures nécessaires ».

 

 

 

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