jeudi 25 avril 2024

Algérie : Que cachent les limogeages au sein de l'armée?

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En Algérie, d’importants changements surviennent dans les services de sécurité algériens à quelques mois de l’élection présidentielle.

Lancée après la saisie de 701 kilos de cocaïne le 29 mai dans le port d’Oran, la vague de changements qui secoue les services de sécurité algériens, serait aussi liée à la guerre de succession du Président Abdelaziz Bouteflika à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2019. C’est ce qu’a laissé entendre, ce jeudi, la presse du voisin de l’est.

Ainsi, « El Watan », qui s’intéresse au limogeages au sein de l’armée, écrit qu’une liste officielle de huit généraux-majors a été transmise par la présidence au chef d’état-major de l’Armée, et parmi lesquels figure le général-major Abderrazak Cherif, chef de la 4e Région militaire, qu’on dit proche du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée algérienne.

« Les exigences opérationnelles, l’objectif de modernisation de l’ANP et le souci de la performance suffisent-ils à expliquer à eux seuls ces limogeages ? », se demande la publication, relevant qu’aucune armée dans le monde ne procède à des changements aussi brusques et massifs que ceux mis en œuvre au sein de l’institution militaire algérienne sachant qu’en quelques semaines seulement, plusieurs généraux-majors occupant des postes sensibles ont été démis de leurs fonctions.

« Ce n’est certainement pas dû à leur âge avancé, parce que ceux qui les ont remplacés ne sont pas moins âgés qu’eux. Si les premiers limogeages sont liés, dit-on, au scandale de la cocaïne d’Oran, ceux qui ont suivi pourraient bien avoir une corrélation avec la situation politique du pays, et essentiellement avec l’élection présidentielle de 2019 », explique la publication.

Elle souligne qu’il s’agit d’un jeu de pouvoir et de repositionnement qui a toujours caractérisé le système politique algérien, qui assure sa régénération et son maintien par des coups de force sporadiques.

Tout en rappelant que la restructuration ou la mise à mort de l’ex-DRS était bien au cœur du 4e mandat de Abdelaziz Bouteflika, elle se demande « pourquoi la vague des changements opérés actuellement dans les structures de sécurité ne le serait-elle pas ? ».

« Si c’était pour des objectifs strictement liés à l’institution militaire, pourquoi interviennent-ils maintenant et pourquoi à cette échelle là ? », s’interrogent des analystes cités par le journal pour qui « aucune restructuration d’une armée dans le monde entier ne connaît une telle proportion ».

De son côté, « L’expression » fait savoir que la liste des hauts gradés sur le départ serait encore longue, estimant que les changements se poursuivent à la tête des différentes structures de l’armée et à vive allure.

Selon des observateurs de la scène politique en Algérie, les six premiers remaniements qui ont touché deux importantes institutions sécuritaires ainsi que ceux opérés à la tête des commandements de l’armée s’inscrivent dans le sillage de l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis, fin mai dernier, à Oran.

Certains généraux écartés ne seraient que des dommages collatéraux que Kamel El boucher, le présumé principal accusé dans l’affaire de la cocaïne, aurait entraîné dans sa chute, fait savoir le journal, qui ajoute que parmi les généraux écartés certains ont payé la facture de la négligence et de la mégarde.

« Qu’en est-il des nouveaux départs? Dans quel sillage s’inscrivent-ils? » se demande le quotidien, indiquant que certains médias évoquent le rajeunissement du personnel de l’Armée nationale populaire, mais c’est loin d’être convaincant.

Il explique qu’en général, lorsqu’il s’agit d’une opération de lifting pour le rajeunissement, les changements sont opérés, comme il est de coutume, à des dates symboles comme le 5 juillet ou le 1er novembre, précisant qu’en plus, les hauts gradés écartés sont de fait admis à la retraite, lorsqu’ils ne sont pas appelés à occuper de nouvelles fonctions.

Pour les huit généraux-majors écartés, il semble clairement que ce n’est pas dans cette optique, poursuit la même source, estimant que c’est pour cette raison que ces changements suscitent moult interrogations chez le citoyen lambda.

De son côté, le journal électronique « TSA » relève que trois mois après l’éclatement de l’affaire de la cocaïne, les changements se poursuivent à la tête des différentes structures de l’armée.

Après les chefs de la première et de la deuxième régions militaires, c’est au tour du patron de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) le général-major Mohamed Tireche, dit Lakhdar Tireche d’être démis de ses fonctions, ainsi que du général Benattou Boumediene, Contrôleur général de l’armée, indique le site.

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