vendredi 12 avril 2024

Hanan Bouanani à l’Espace Rivages..Eloge des figures féminines !

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Jeudi 1er mars 2018, en prélude aux célébrations du 8 mars, un bel   et convivial accrochage   de l’artiste belgo-marocaine Hanan Bouanani  à réuni  une pléiade d’amateurs d’art et de culture. Zoom ! 

Sous l’intitulé, ô combien  évocateur,  de « Les toiles se dévoilent », Hanan Bouanani nous a convié à l’appréciation d’une série d’œuvres dédié à l’eternel féminin.

Depuis sa première exposition en 2014, dont une rescapée œuvre figure dans l’exposition, l’artiste questionne, à coup de couteau et de pinceau, à sa manière, l’univers féminin. Et c’est la figure, le visage, miroir des angoisses, des rêves, des plaisirs…, qui est mis en valeur.

Dans une palette chatoyante, des couleurs ensoleillées du pays des ancêtres, et des techniques diverses, aquarelle, acrylique, peinture à l’huile…Elle nous dévoile  des Instants intimes, qu’elle « pèchent » au hasard  de ses diverses rencontres.

Chaque toile à l’air de raconter une histoire. Femme seule ou en couple, famille… Dans des poses et des cadrages originaux, elles nous fixent, tantôt les yeux grands ouverts, tantôt fermés, pour nous dévoiler leurs fabuleux destins.

Les personnages et les thématiques sont inspirés du vécu de l’artiste. Née à Liège en Belgique, après avoir obtenu une licence en art visuel et communication de l’Académie Royale des Beaux-arts de Liège, un CESS en art visuel et communication et un CESS en sciences économiques, Hanan Bouanani expose pour la première fois en 2014. Le public national découvre ses travaux à partir de 2015, Salon du cheval, El Jadida, Sofitel Casablanca 2017… Un retour aux sources après des années au plat pays.

A la question que lui posa Fatiha Amellouk, « Qu’est-ce l’émigration pour vous ? », elle répondit avec beaucoup de clairvoyance, « C’est un peu comme si un arbre se déracinait, enfouissant ses racines dans une terre nouvelle et tentait, cependant, de conserver ses particularités, tout en partageant ses fruits avec cette nouvelle contrée, d’y apporter sa différence comme un enrichissement réciproque. »

Outre les aquarelles, les acryliques, l’exposition compte une série de petits formats, accompagnés de textes, en prose poétique, de l’écrivain   Said Ben Ali. Une collaboration où l’image inspire le texte  qui mérite une publication en un petit livre d’art.

Une belle exposition à ne pas rater qui vient enrichir les accrochages de la galerie du boulevard Ibn Sina à Agdal. Un espace dédié à nos créateurs issu de l’émigration et dieu sait qu’ils sont nombreux à travers les quatre coins de la planète. Ils apportent, à coup de leur créativité, un nouveau regard sur nos Marocains d’ailleurs. Omar Azzimane, Président délégué de la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’étranger, n’écrivit-il pas  en 2016 à l’occasion de l’ouverture de l’Espace Rivages qu’«…il fut un temps, pas si lointain, où nos émigrés de l’autre rive n’avaient à nous conter que le récit de leur déracinement et de leur solitude et l’histoire des souffrances et des frustrations de leur expérience migratoire (….).

Fort heureusement, ce temps est révolu. Les Marocains de l’extérieur ont fait des études et parfois des études prestigieuses, ils ont acquis des formations parfois dans des domaines de pointe, ils ont exercé des métiers parfois parmi les plus nobles, ils ont assumé des responsabilités parfois de très haut niveau…. » ?

Hanan Bouanani fait partie, pour notre grand bonheur, de ces Marocains de la diaspora. Des citoyens à la  double nationalité, diverses cultures et aux multiples identités. Un enrichissement pour les deux rives et un bel éloge  pour le  métissage planétaire !

-« Les toiles se dévoilent »

-Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidants à l’Etranger, 67, Boulevard Ibn Sina, Agdal, Rabat.

– Du 1er au 31 mars 2018

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