vendredi 24 mai 2024

X respectera la justice brésilienne en dépit des propos d’Elon Musk

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Les représentants au Brésil de la plateforme X se sont engagés à se plier aux décisions de la Cour suprême de ce pays, malgré des déclarations récentes de son propriétaire Elon Musk menaçant de passer outre, selon un document consulté mardi par l’AFP.

Ce document, une lettre de trois pages datée du 13 avril, est adressé au juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, que M. Musk a accusé à plusieurs reprises de «censure» pour avoir bloqué des comptes d’usagers de X (anciennement Twitter) soupçonnés de propager de la désinformation.

L’entrepreneur américain avait par ailleurs menacé de «lever toutes les restrictions» imposées par ce magistrat, sans donner plus de détail.

Toutes les décisions de la plus haute juridiction du Brésil «sont et continueront à être entièrement respectées par X Corp», peut-on lire dans la lettre signée par le cabinet d’avocats de la plateforme, rachetée par le patron de Tesla et SpaceX en 2022.

Il s’agit d’un revirement après la présentation la semaine dernière d’un autre document adressé au juge Moraes, dans lequel les représentants de X au Brésil faisaient état de «limites juridiques, techniques et physiques» qui empêcheraient le groupe d’appliquer les mesures dictées par la justice locale.

Un argument réfuté dans la foulée par le magistrat dans un arrêt judiciaire.

La polémique a débuté il y a une dizaine de jours, quand Elon Musk a, au nom de la défense de la liberté d’expression, lancé une série d’attaques sur X contre le juge Moraes, qu’il a notamment qualifié de «dictateur».

Fer de lance de la lutte contre la désinformation, ce dernier a ordonné le blocage de plusieurs comptes de la plateforme, la plupart d’entre eux appartenant à des sympathisants de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

Alexandre de Moraes, magistrat aussi puissant que clivant, a réagi en ordonnant l’ouverture d’une enquête contre le patron milliardaire, l’accusant d’«instrumentalisation criminelle de X».

Il a par ailleurs fixé une amende de 100 000 réais (environ 18 000 euros) par jour pour chaque compte réactivé. Les amendes seraient infligées «aux responsables légaux» de l’entreprise au Brésil. Aucun de ces comptes n’a été réactivé à ce jour.

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