jeudi 18 avril 2024

France : importante affaire de blanchiment d’argent de la drogue

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Lareleve.ma-Agences

 

  Florence Lamblin, maire-adjointe à Paris, a été mise en examen pour blanchiment et association de malfaiteurs avec huit autres personnes dans une affaire de drogue. Son avocat crie à l’erreur judiciaire. Le point sur l’affaire.

 

  C’est une affaire de blanchiment d’argent et de trafic de drogue qui touche ce samedi l’élue écologiste. Neuf personnes, dont Florence Lamblin, ont été mises en examen dans le démantèlement d’un très important réseau franco-suisse de blanchiment d’argent de la drogue.

 

  Il s’agirait de la plus importante affaire de blanchiment d’argent de la drogue réalisée par la police française, qui estime à 40 millions d’euros le volume d’argent blanchi sur les cinq derniers mois, a affirmé à l’AFP une source policière.

 

  Huit des neuf mis en examen, dont Florence Lamblin, sont placés sous contrôle judiciaire avec un cautionnement allant de 80 000 à un million d’euros, a précisé cette source. La neuvième personne est en détention provisoire car soupçonnée d’être impliquée dans le trafic de stupéfiants. Encore huit autres suspects devaient encore être présentés au juge dans la journée, a précisé cette source.

 

  Au total, 17 personnes avaient été interpellées en France cette semaine et trois autres à Genève, lors du démantèlement de ce réseau de blanchiment de fonds liés au trafic de drogue. Et plusieurs millions d’euros en espèces et biens de valeur ont été saisis.Des perquisitions, notamment au domicile de Florence Lamblin, ont permis aux enquêteurs de retrouver un total de 400.000 euros, en espèces, mais aussi dans des coffres et sur des comptes bancaires, avait précisé vendredi soir à l’AFP une source proche du dossier.

 

Qui est Florence Lamblin?

 

  Florence Lamblin est adjointe EELV au maire du XIIIe arrondissement de Paris, chargée du développement durable et de l’environnement. Le maire en question s’appelle Jérôme Coumet, et appartient au Parti socialiste.

 

  Cette élégante quarantenaire, cheveux mi-longs auburn, architecte et urbaniste de profession, travaille notamment comme directrice de projets au « Lieu du design » à Paris, structure créée en 2009 à l’initiative de la Région Ile-de-France pour fédérer les acteurs franciliens du design. Cette mère de « deux grandes filles » d’une vingtaine d’années, membre d’EELV depuis le milieu des années 2000, est « quelqu’un de discret qui ne me raconte pas sa vie », aassure l’élu vert Yves Contassot.

 

La réaction de l’intéressée – et sa défense

 

  L’intéressée a démenti toute implication, se disant étrangère à cette affaire, selon l’élu écologiste Yves Contassot. « Elle m’a dit par SMS qu’elle n’y était absolument pour rien », a-t-il précisé à l’AFP, décrivant une femme « réservée, discrète ».

 

  L’élue aurait accepté de démissionner de ses fonctions politiques, assurent des sources dans l’entourage du maire du XIIIe. Interrogé sur BFM, son avocat dément fermement toute démission. Il assure encore qu’aucune somme n’a été retrouvée à son domicile durant la perquisition. « J’ai pu consulter le dossier hier et je peux vous dire qu’il s’agit à mon sens d’une erreur judiciaire », a encore déclaré Me Jérôme Boursican sur i-Télé. « Florence Lamblin ne connaissait personne dans ce dossier, elle n’a aucun lien avec un seul mis en examen, a-t-il poursuivi, c’est une histoire de blanchiment, manifestement avec une incidence fiscale, cela n’a rien à voir avec un financement de parti politique. Le juge d’instruction fera le tri entre les uns et les autres, je suis tout à fait confiant (…) sur le fait que j’obtiendrai un non-lieu dans cette affaire », a-t-il assuré.

 

Les réactions politiques

 

  Dans un bref communiqué, le maire du XIIIe Jérôme Coumet demande à son adjointe, « de se mettre en retrait de ses fonctions d’élue ».

 

  Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, se disant « consterné » par la nouvelle de sa mise en examen, a demandé à l’élue d’en « tirer toutes les conséquences sur l’exercice de son mandat ».

 

  Le porte-parole national d’Europe Écologie-Les Verts, Jean-Philippe Magnen, a affirmé samedi que son parti n’avait « rien à voir » avec la mise en examen. « Si les faits sont avérés, ils sont graves et il faut qu’ils soient condamnés », a-t-il déclaré à l’AFP. « Je souhaite qu’elle ne soit pas coupable, mais si elle l’était, la justice doit faire son travail », a-t-il ajouté.

 

  Le patron de l’UMP parisienne, Philippe Goujon, critique les positions politiques de la gauche sur les drogues. « Je ne veux pas faire d’amalgame, mais l’approche par les Verts et le PS de la question de la drogue, qui passe pour les Verts par la légalisation et pour certains socialistes par la dépénalisation, créé un climat favorable, permissif, qui fait que certains ne voient pas la différence entre le licite et l’illicite, entre le bien et le mal », assure-t-il à l’AFP.

 

  « On peut l’affirmer: une des premières causes de l’insécurité angoissante qui nous envahit, c’est la corruption généralisée aux plus hauts niveaux. Les cas de cette élue écologiste et des responsables policiers de Marseille nous le prouvent », écrit de son côté le responsable du Front national à Paris, Wallerand de Saint-Just dans un communiqué.

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