vendredi 21 juin 2024

L’affaire Comarit-Comanav suscite un vif débat au Pays

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 lareleve.ma

 

  Toute la presse marocaine ne parle que de cette affaire qui s’ est soldée par l’arrestation, le 15 juin dernier à Casablanca, de l’ex-patron de la Comanav, Taoufiq Ibrahimi, et l’ex-directeur des Pêches maritimes au ministère de tutelle, Mohamed Rami, qui était chargé de mission à la présidence de la Comanav, Abderrahim Mendour, actuel directeur des ressources humaines pour l’ensemble des filiales du groupe CMA-CGM au Maroc et ex-DRH et directeur d’armement à la Comanav.

 

  A cette liste s’ajoutent deux secrétaires généraux du syndicat des dockers et des marins, affiliés au syndicat de l’Union marocaine du travail (UMT).

 

  Ils sont tous poursuivis pour «constitution d’une bande criminelle, préparation pour l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, divulgation de secret professionnel, incitation et participation au sabotage d’établissements publics (ports et bateaux) et entrave à la liberté du travail», selon un communiqué de la cour d’appel de Salé.

 

  La même source fait état d’informations selon lesquelles «des individus ont perpétré des actes illégaux de nature à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et aux intérêts économiques nationaux, à endommager des structures, des ports et des bateaux et à entraver la liberté du travail au port Tanger-Med, une artère économique vitale du royaume qui fait face à une concurrence farouche des ports étrangers voisins».

 

  Sachant que les protestations, en cours depuis début mai, ont atteint leur point culminant avec l’occupation de la direction de la marine marchande, ainsi que celle de l’ancien siège de la Comanav à Casablanca.

 

  Les mis en cause sont également accusés de tentative de faire échouer les efforts du gouvernement marocain visant à trouver une solution à la crise des ferries de la compagnie maritime, saisis au port de Sète (France) pour non-paiement de créances estimées à près de 400 millions de dirhams (DH) détenues par différents opérateurs étrangers envers l’armateur de Tanger.

 

  Sans oublier son endettement auprès des banques marocaines à hauteur de 2 milliards de DH. Une mise en faillite du Groupe Comarit-Comanav Ferry, dont les 5 bateaux sont toujours immobilisés au Port de Sète et celui d’Algesiras (Espagne), a été envisagée.

 

  La facture sera salée pour la ville de Tanger si jamais la faillite du groupe venait à être confirmée. En plus de la perte des 1.800 emplois directs, au moins 1.000 autres emplois indirects liés à l’activité du groupe sont également menacés.

 

  Le conseil de la région Tanger-Tétouan (nord) et le conseil de la ville de Tanger font également parties des victimes collatérales, puisque bénéficiant d’une partie des taxes et impôts (IR, IS, TVA..) que reversaient le groupe à l’Etat marocain.

 

  Malgré des investissements publics et industriels importants ces dernières années dans la région, ceux-ci ont été concentrés dans des zones franches totalement exonérés d’impôts, donc sans aucune plus value pour la trésorerie des collectivités territoriales de la région.

 

  Une source proche du dossier affirme que l’affaire de la Comanav pourrait faire tomber des personnalités marocaines et étrangères: Des sources judiciaires s’attendent à ce que le principal accusé Taoufik Ibrahimi et ses anciens collaborateurs révèlent les noms de  personnalités marocaines et étrangères en relation avec le monde de l’économie et de la politique, affirmant que l’enquête concernerait des pays européens en rapport avec des dossiers sensibles ayant fait l’objet de fuites provoquant des pertes énormes, estimées à des milliards de centimes, à l’économie marocaine.

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