mardi 16 avril 2024

Après des accusations de violences sexuelles, une enquête ouverte contre Gérard Miller

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Le parquet de Paris a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête préliminaire contre Gérard Miller, visé depuis un mois par une accumulation d’accusations de violences sexuelles qu’il conteste.« Certain de n’avoir commis aucune infraction et prêt à répondre sur chacun des faits reprochés, je souhaite désormais réserver ma parole à l’institution judiciaire et laisser mon conseil, Me Louise Tort assurer la défense de mes droits dans ce cadre-là » a indiqué le psychanalyste de 75 ans vendredi après-midi dans une déclaration à l’AFP.

Selon des éléments dévoilés par le magazine Elle, le ministère public comptabilisait jeudi six signalements reçus « par courrier ou au sein d’un commissariat suivi d’un compte-rendu au parquet, de femmes déclarant avoir subi des gestes a minima sexués de la part de Gérard Miller, auxquels elles relatent ne pas avoir donné leur consentement, entre 1995 et 2005 ».

Le parquet de Paris a saisi la police judiciaire parisienne (DRPJ) de ces faits « susceptibles d’être qualifiés de viols et d’agressions sexuelles, parfois sur victimes mineures ».

La Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) mènera les investigations, a précisé une source proche du dossier à l’AFP.

« Il appartiendra au parquet de déterminer la matérialité et la qualification des faits, de mesurer leur éventuelle prescription et d’apprécier les suites à donner« , a souligné le ministère public.

Gérard Miller, chroniqueur à la radio et la télévision, soutien de Jean-Luc Mélenchon depuis 2012, est mis en cause pour des faits allant du comportement déplacé aux violences sexuelles par plus d’une cinquantaines de femmes, d’après Elle et Mediapart.

« Une poupée qu’on déshabille« 

Le magazine Elle a révélé fin janvier les premières accusations, notamment celles de viol formulées par une femme, identifiée sous le prénom de Mathilde, lors d’une séance d’hypnose en 2004 lorsqu’elle était âgée de 19 ans.

« Je ne peux plus bouger. Je suis une poupée qu’on déshabille et à qui l’on peut faire ce que l’on veut », a-t-elle témoigné. Cette femme a déposé plainte mercredi.

Juliette (prénom modifié) a déposé plainte le 6 février, selon Mediapart. Auprès du site d’investigation, elle a accusé son ex-professeur de psychanalyse à l’université de Paris 8 de l’avoir embrassée par surprise en 1995 alors qu’elle avait 21 ans.

Aude G. a accusé le psychanalyste de l’avoir violée fin 2001, elle avait 17 ans et lui 53. Elle a déposé mardi une plainte révélée par Le Parisien et dont l’AFP a eu connaissance.

Charlotte a porté plainte le 16 février pour une agression sexuelle chez Gérard Miller en 2001. Selon son récit dans Elle, la plaignante l’avait rencontré, à 15 ans, lors du tournage de l’émission « On a tout essayé ».

Romane (prénom modifié) a déposé plainte mercredi, dénonçant une agression sexuelle en mai 2003, alors qu’elle avait 19 ans, chez Gérard Miller, où elle se serait retrouvée selon son témoignage  « au cours d’une séance d’hypnose, nue sous un kimono, les doigts du chroniqueur prêts à la pénétrer. »

« Mes clientes se félicitent de l’ouverture d’une enquête préliminaire. Elles sont impatientes de pouvoir être entendues« , a indiqué Me Anne-Claire Le Jeune, avocate des plaignantes Charlotte, Romane et Mathilde.

« Pas hypnotisé »

Fin janvier, le psychanalyste avait contesté les premiers témoignages sur X.

« Avec toutes les femmes, j’ai la conviction de n’avoir contraint personne, prenant au pied de la lettre tout embarras, tout refus et ce, tout particulièrement quand je m’engageais sur le chemin de la séduction« , avait-il soutenu.

Il réfutait également avoir pratiqué l’hypnose à son cabinet ou à son domicile, mais toujours en public.

Les séances dans un cadre privé relevaient de « tests élémentaires » et « celui ou celle qui acceptait de s’y livrer n’était absolument pas hypnotisé, il restait parfaitement conscient, en totale possession de ses moyens », assurait dans ce courrier Gérard Miller.

Le parquet a souligné que « la procédure pénale garantit le droit du contradictoire » et rappelé le principe de la présomption d’innocence.

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