jeudi 29 février 2024

États-Unis: une procédure de destitution lancée contre le ministre de la Sécurité intérieure

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Des républicains au Congrès américain ont annoncé mercredi lancer une procédure de destitution contre le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, qu’ils accusent d’être responsable de la crise migratoire à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Cette annonce intervient alors près de 10 000 migrants traversent chaque jour la frontière américaine depuis le Mexique, et que le sujet est politiquement brûlant à quelques mois de l’élection présidentielle de novembre.

Les républicains qualifient la situation de désastre humanitaire et accusent le ministre de la Sécurité intérieure d’être à l’origine de la situation.

«Notre enquête a clairement montré que cette crise découle des prises de décision du ministre et de son refus d’appliquer les lois adoptées par le Congrès», a déclaré dans un communiqué Mark Green, le président de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants.

«Son incapacité à respecter son serment exige qu’il rende des comptes», a-t-il ajouté.

En réponse, le ministère de la Sécurité intérieure a accusé les républicains de «gaspiller du temps précieux et l’argent des contribuables» dans une «manoeuvre politique».

Pour qu’Alejandro Mayorkas soit démis de ses fonctions, une majorité de parlementaires de la Chambre des représentants doit voter contre lui, ce qui déclencherait un procès au Sénat pouvant aboutir, si deux tiers des sénateurs votent en faveur, à sa destitution.

Un scénario pratiquement impossible étant donné que les républicains ne détiennent qu’une très fine majorité à la Chambre des représentants et que le Sénat est à majorité démocrate.

Le lancement de cette procédure de destitution n’en reste pas moins une épine dans le pied de Joe Biden, alors que 302 000 migrants ont traversé la frontière en décembre selon les autorités.

La Maison-Blanche et les parlementaires des deux camps négocient une réforme sur l’immigration, les républicains conditionnant leur soutien à une nouvelle enveloppe d’aide pour l’Ukraine à un durcissement des mesures migratoires.

Les maires de New York, Denver et Chicago – villes qui reçoivent des bus de migrants, envoyés par le gouverneur républicain du Texas – ont aussi fait pression sur le président démocrate pour qu’il agisse rapidement.

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