vendredi 23 février 2024

L’ex-PDG du CIH passe le premier week-end de sa vie, à la prison Oukacha

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Par Khalid Semlali

 

  Les juges marocains ne chôment pas ces derniers temps. Plusieurs grosses affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics sont en attente de jugement dans les tribunaux du royaume.

 

  Le dossier des dysfonctionnements relevés en 2009 par la Cour des comptes, au sein du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), est entré vendredi dernier, dans une nouvelle phase. L’ex-patron du CIH et ancien ministre ittihadi (USFP), Khalid Alioua vient d’être arrêté en compagnie d’autres mis en causes dont des membres de sa famille, pour « dilapidation de deniers publics ».

 

  Après leur interrogation par un juge d’instruction de la cour d’Appel de Casablanca, l’ancien PDG et un autre haut cadre du CIH ainsi que deux cousins de Khalid Alioua ont été enfermés dans la prison Oukacha de Casablanca. Leurs cellules sont mitoyennes de celles où croupissent des détenus de la Salafiya Djihadiya, condamnés dans des affaires de terrorisme.

 

  En attendant l’approfondissement de l’instruction, douze autres mis en cause dans cette même affaire, dont de hauts responsables du CIH et la sœur de Khalid Alioua sont poursuivis en état de liberté provisoire.

 

  Délaissé par ses camarades Ittihadi, actuellement dans l’opposition, l’ancien ministre du développement (1998-2002) sous le gouvernement Abderrahmane Youssoufi, se trouve désormais seul face aux lourdes charges qui pèsent sur lui sur la base du rapport de la Cour des comptes. Ce dernier lui impute de nombreuses irrégularités au niveau de la gestion du CIH, dont de nombreux cas de dilapidation des deniers publics.

 

  Avant d’être parachuté à la tête du CIH (2004-2009), Alioua dirigeait  «Al Ittihad Al Ichtiraki», l’organe officiel de l’USFP, où il avait été surnommé par ses camarades  Khalid P’nioua» pour ses dépenses exagérées et injustifiées, particulièrement pour une facture salée de plusieurs millions de centimes justifiant l’achat de pneus pour sa voiture.

 

  L’affaire CIH promet sûrement de nouveaux rebondissements qui, avec l’approfondissement de l’instruction judiciaire, risque de traîner devant la barre des accusés, d’autres grosses pointures de l’époque des années 90.

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