mercredi 24 avril 2024

La chaîne Tamazight lance son projet de diffusion multipiste

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Grâce à la diffusion multipiste, la chaine Tamazight voudrait attirer au maximum le public marocain. Ph. Mohssine Idrissi

«Le rôle de la chaîne Tamazight dans la gestion de la diversité linguistique et culturelle au Maroc» est la thématique de la conférence tenue, mercredi 14 février courant à Rabat, dans le cadre du lancement de la diffusion multipiste avec les trois dialectes simultanément, c’est-à-dire Tamazight, Tachelhit et Tarifit.

Un défi à travers lequel cette chaine nationale estime attirer au maximum le public marocain. «Notre objectif est d’atteindre un plus grand nombre de citoyens qui parlent ces dialectes et leur donner la possibilité de voir des programmes et les comprendre, tout en respectant la diversité culturelle dont foisonne notre pays. C’est une nouvelle étape que nous entamons, après avoir fait un grand pas en termes de qualité et de quantité, et ce, grâce aux efforts et au dévouement du staff de la chaine. Car notre premier grand problème en 2010 fut l’absence de marché pour une chaine généraliste. Nous étions contraints de produire nous-mêmes nos programmes. Et là, nous étions confrontés à la problématique des ressources humaines, dont certaines ne connaissaient pas la langue amazighe et d’autres manquaient de formation. C’est tout un challenge que la chaine devait gagner pour aller de l’avant», souligne le directeur de la chaine Tamzight, Mohamed Mamad, qui ne manque pas de préciser que la technologie de pointe dont dispose la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) a été un facteur positif dans l’élaboration de ce projet.

Par ailleurs, du point de vue du spécialiste linguistique le recteur de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), Ahmed Boukous, le souci est de présenter aux spectateurs la langue qui répond à leurs besoins. «C’est une bonne chose que de lancer cette diffusion multipiste. Mais, j’aurais souhaité que l’IRCAM soit inclus de manière effective dans le projet, afin de donner son avis en tant qu’expert en la matière».

 Et Boukous d’ajouter que: «Nous sommes conscients du rôle que peut jouer les médias dans le développement d’un pays et l’ancrage de sa civilisation. Sans pour autant oublier qu’ils peuvent constituer, parfois, un danger pour la société. Ainsi, pour ce projet de lancement de la diffusion multipiste, nous avons choisi d’utiliser la langue amazighe standard en complémentarité avec les trois dialectes, selon les programmes présentés. »

 Le recteur de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), Ahmed Boukous

C’est-à-dire, explique le recteur de l’IRCAM, «offrir des programmes à caractère culturel et intellectuel en langue standard, puis réserver les trois dialectes à des émissions de distraction et de loisirs. C’est de cette manière qu’on pourra tirer profit de ce projet, sachant que le texte de la Constitution évoque la langue amazighe standard, qui est étudiée dans les établissements scolaires, qui a son dictionnaire et son vocabulaire, et non les dialectes».

 Les interventions se sont, ainsi, poursuivies avec l’exposé de l’homme de médias Omar Amrir, qui était un vrai militant pour la concrétisation de ce projet.

«Nous avons travaillé, au début, dans le volontariat afin de faire revivre cette langue. Chacun a œuvré de son côté pour réussir ce projet, notamment l’IRCAM, puis la chaine Tamazight qui a déployé des moyens financiers et techniques pour être un support de proximité pour la population.  C’est un travail de longue haleine qui donnera, sûrement, ses fruits dans l’avenir. Par exemple, dans dix ans, on pourra se retrouver avec des archives très riches, non seulement locales, mais aussi internationales ». Affirme Omar Amrir

Dans le même sens, Mohamed Bensidi, représentant l’Association marocaine des producteurs et créateurs amazighs, a loué les efforts et le rôle de la chaine dans la diffusion et la promotion de la langue amazighe, tout en insistant sur le fait que les productions en langue arabe reçoivent des subventions plus conséquentes que celles en langue amazighe.

Quant à Ahmed Zahid, de la HACA (Haute Autorité de la communication audiovisuelle), il a focalisé son intervention sur le travail colossal de la chaine amazighe qui veille au respect de la diversité culturelle, dans le but de satisfaire tous les publics. Car, dit-il, ce projet est un grand pas à encourager dans l’univers médiatique de notre pays.

 

 

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