dimanche 25 février 2024

Un réseau international de trafiquants de cigarettes jugé en France

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Vingt membres présumés d’un réseau international d’importation de cigarettes contrefaites en provenance d’Europe de l’Est sont jugés de lundi à vendredi par la justice française à Bordeaux, un trafic «de grande ampleur» portant sur 77 tonnes en 2020, soit environ 4 millions de paquets. 

Renvoyés devant le tribunal correctionnel, ils sont soupçonnés d’avoir approvisionné plusieurs villes françaises en cigarettes produites en Slovénie, imitant notamment la marque Marlboro, avec une marge estimée à 20 millions d’euros (29,7 millions de dollars) par le fabricant Philip Morris.

Originaires d’Ukraine, d’Arménie, de Géorgie ou encore de Bosnie-Herzégovine, ils doivent répondre du délit d’importation ou de vente frauduleuse de tabac en bande organisée et, pour certains, de blanchiment aggravé. Ils encourent 10 ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende pouvant s’élever jusqu’au décuple de la valeur de la fraude.

Pour Marie-Caroline Blaise, avocate de l’un des prévenus, originaire de Géorgie, «l’implication des protagonistes a été exagérée» et le procès doit permettre de «rétablir la vérité».

Dix-neuf des vingt mis en cause comparaissent libres.

Pour Christian Blazy, qui défend un père et son fils nés en Arménie, les suspects sont «des petites mains».

«On a vraiment le bas du trafic. Et ceux qui sont tout en haut, naturellement, ne viennent pas en France», fait-il valoir, trouvant au passage «surprenant» de voir Philip Morris se prévaloir du statut de partie civile.

Selon le parquet de Bordeaux, dans l’ouest de la France, les cigarettes étaient acheminées en camions depuis la Slovénie avant d’être stockées dans des boîtes en France. Achetée environ 13 euros (19 dollars), la cartouche était revendue deux fois plus cher par les malfaiteurs, soit environ un quart du prix de vente de l’époque sur le marché français.

Ce réseau, «particulièrement mobile» d’après le parquet, a ainsi alimenté le trafic de cigarettes dans les villes de Nantes, Bordeaux, Montpellier et Béziers, dans l’ouest et le sud de la France.

«L’enquête et les éléments de preuve recueillis permettent d’établir que le trafic a permis l’importation en contrebande de 77 tonnes de cigarettes entre octobre et décembre 2020», estime le ministère public.

En avril 2021, une première opération centrée sur les revendeurs grossistes a abouti à l’interpellation de sept individus en France, conduisant à de premières mises en examen devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux.

En coordination avec les autorités judiciaires slovènes, des perquisitions ont eu lieu en janvier 2022 dans plusieurs sites de production en Slovénie, «abrités dans des hangars discrets situés dans des localités reculées», indique le parquet. Elles ont permis de saisir plus de 26 tonnes de tabac brut, 29 millions de filtres à cigarettes ainsi que plusieurs machines de fabrication.

«Ces volumes illustrent l’ampleur de la contrebande de cigarettes contrefaites en Europe», ajoute le parquet.

En 2022, les douaniers français ont saisi près de 650 tonnes de tabac de contrebande, une hausse de près de 60% en un an

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