mercredi 22 mai 2024

Le Maroc est sur le point d’acquérir des chars israéliens Merkava

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Au même titre que Chypre, le Maroc s’apprête à recevoir des chars israéliens de type Merkava, des appareils connus pour leur blindage renforcé et leur agilité sur le terrain. Le deal est un véritable tournant, Israël ayant jusque-là refusé de transférer un tel armement à des pays étrangers.

Les deals militaires se suivent, mais ne se ressemblent pas, entre le Maroc et Israël. Un nouveau contrat d’armement est en gestation. Il porte cette fois-ci sur les chars Merkava, conçus pour les besoins spécifiques de Tsahal dans les années 1980, et qui ont évolué au fil des années, mais qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une vente à un pays étranger. Avec Chypre, le Maroc constitue le tout premier client des Merkava hors Israël. Le deal est prévu dans les tout prochains mois.

Les ventes potentielles portent sur un total de 200 engins et incluraient l’ancien Merkava Mark 2, et certains chars Merkava Mark 3, introduits dans les années 1990 et déclassés depuis 2016. Ces dernières années, l’armée israélienne a remplacé la plupart de ses modèles Merkava Mark 3 par le Mark 4, plus moderne, introduit en 2003.

L’information a d’abord été divulguée la semaine dernière par Times of Israel. Le quotidien révélait ainsi qu’Israël était «en pourparlers pour vendre des chars Merkava usagés à deux pays, dont un en Europe, dans le cadre de ce qui serait la première exportation de ce type de véhicule blindé». Citant Yair Kulas, le chef de la Direction de la coopération internationale du ministère israélien de la Défense, Times of Israel précise que ce contrat obéissait à la volonté de ce département de céder les équipements excédentaires des Forces de défense israéliennes.

«Le monde est à la recherche de systèmes (de défense), et les processus de production demandent du temps. Tout le monde n’a pas le temps d’attendre… Il y a deux pays potentiels avec lesquels nous menons des négociations avancées [sur la vente des chars Mervaka]», a-t-il ajouté. «Il m’est interdit de les nommer, mais il y en a un sur le continent européen», a-t-il cependant souligné.

La précision sur les pays en question a été apportée par le compte Twitter d’une certaine Dana Levi. «L’accord d’exportation des chars Merkava-2/3 israéliens a été annoncé: une partie des livraisons sera faite à Chypre pour remplacer les 41 chars T-80U / UK transférés aux forces armées ukrainiennes, et une partie au Maroc pour compenser l’approvisionnement en T-72B. Aucun ne sera transféré à l’Ukraine. C’est l’une des conditions d’Israël», peut-on lire.

À cette différence près que le Maroc a formellement démenti avoir fourni des armes à l’Ukraine. S’exprimant le 22 mai dernier lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, en visite de travail dans le Royaume, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, a réaffirmé «la position constante du Maroc sur le respect de l’intégrité territoriale et la souveraineté des pays», notant que le Maroc s’est engagé depuis le début de la crise en Ukraine à privilégier le respect de la légalité et du Droit international et le non-recours à la force pour le règlement des conflits, ainsi que l’encouragement du dialogue et du respect des résolutions pertinentes de l’ONU. Et de préciser que «le Maroc ne participe d’aucune manière que ce soit au conflit en Ukraine».

Cette sortie est intervenue en réponse aux rumeurs voulant que 74 blindés appartenant au Royaume, objet d’un contrat de modernisation entre Rabat et Prague, aient été réquisitionnés par la partie tchèque en vue de leur transfert ultérieur vers la zone de combat en Ukraine.

Rappelons que le Merkava est le principal char de combat de Tsahal depuis les années 1980. Il a été développé et introduit après la guerre de 1973, lorsque les unités blindées israéliennes ont subi des pertes importantes contre l’Égypte et la Syrie. Connu pour son blindage renforcé et la haute sécurité qu’il permet à l’équipage ainsi que son agilité sur le terrain, ce type de chars a été conçu pour réduire la dépendance d’Israël vis-à-vis des armes étrangères et est depuis devenu un emblème des prouesses militaires du pays.

Par ailleurs, Yair Kulas a déclaré que d’autres systèmes excédentaires, notamment des frégates et des véhicules blindés de transport de troupes, seraient vendus car Tsahal a acquis des systèmes plus avancés.

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