vendredi 21 juin 2024

Conflit au Soudan : plus de 1 000 ressortissants de l’UE évacués

-

Plus de 1 000 ressortissants de l’UE ont été évacués du Soudan où des combats meurtriers font rage, a indiqué lundi Josep Borrell.

« C’est une opération complexe mais elle a été couronnée de succès », a déclaré le chef de la diplomatie européenne en marge d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères au Luxembourg. « Je ne peux vous donner de chiffres exacts, mais il est certain que plus de 1 000 personnes » ont été évacuées, a-t-il ajouté.

En plus de l’UE, qui a une délégation à Khartoum, sept pays membres (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Grèce et République Tchèque) sont représentés dans la capitale.

La France a évacué près de 400 ressortissants français et de multiples nationalités, en assurant depuis dimanche plusieurs rotations aériennes entre Khartoum et Djibouti.

L’Allemagne a rapatrié depuis dimanche plus de 300 personnes – dont des ressortissants d’autres pays– par trois avions, le dernier ayant atterri dans la nuit de dimanche à lundi en Jordanie.

Un avion militaire espagnol avec « une centaine de passagers » – dont une trentaine d’Espagnols – est également parti dimanche pour Djibouti, selon Madrid.

La Chine a aussi annoncé lundi avoir évacué un premier groupe de ses ressortissants du Soudan.

Les violences, principalement à Khartoum et au Darfour, dans l’Ouest, ont fait selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) plus de 420 morts et 3 700 blessés.

Elles ont déplacé des dizaines de milliers de personnes vers d’autres États du Soudan, ou vers le Tchad et l’Égypte.

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont annoncé l’évacuation de leurs diplomates, avec leurs familles, quand la Turquie et d’autres pays ont indiqué qu’ils allaient tenter d’évacuer leurs ressortissants.

Une « opération très complexe », selon le ministre néerlandais des Affaires étrangères Wopke Hoekstra qui a annoncé l’évacuation de deux groupes de Néerlandais : le premier à bord d’un avion français et l’autre a quitté Khartoum par la route dans un convoi de l’ONU.

« Les acteurs internationaux auront moins de poids quand ils auront quitté le pays », estime Hamid Khalafallah, chercheur spécialiste du Soudan. « Ne laissez pas les Soudanais derrière sans protection », plaide-t-il.

A Khartoum, les cinq millions d’habitants craignent une intensification des violences après le départ des étrangers, dans leur ville privée d’eau courante et d’électricité, avec des réseaux téléphonique et internet souvent défaillants.

Le conflit a éclaté le 15 avril entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du Soudan, et son adjoint devenu rival, le général Mohamed Hamdane Daglo, qui commande les très redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Les deux généraux avaient pris le pouvoir avec un putsch en 2021 qui a brutalement interrompu la transition démocratique lancée à la chute du dictateur Omar el-Béchir en 2019.

Mais ils se sont divisés sur la question de l’intégration des FSR aux troupes régulières, après des mois de négociations politiques sous égide internationale.

- Advertisment -