lundi 22 avril 2024

le Brésil appelle à une «nouvelle mondialisation»au G20 à Sao Paulo

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Le Brésil a appelé à «une nouvelle mondialisation», mercredi lors d’une réunion du G20 à Sao Paulo, plaidant pour la réduction des inégalités au moment où les préoccupations plus immédiates portent sur l’impact des guerres en Ukraine et à Gaza sur l’économie mondiale.

«C’est le moment de redéfinir la mondialisation», a déclaré le ministre des Finances du Brésil, Fernando Haddad.

C’est sur cet appel que le ministre, dont le pays préside depuis décembre le groupe, a ouvert la réunion des grands argentiers des pays du G20 dans la mégalopole brésilienne – en visioconférence, pour cause de test positif au Covid-19.

«Nous devons prendre en compte le changement climatique et la pauvreté comme des défis réellement mondiaux, auxquels il faut faire face par le biais d’une nouvelle mondialisation» basée sur des «principes sociaux et environnementaux», a insisté ce proche du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Ce rendez-vous de deux jours, en l’absence notable des ministres de la Chine, de l’Inde ou encore de la Russie, a lieu une semaine après une réunion des chefs de la diplomatie du G20 à Rio de Janeiro.

   «Transition verte»

Pour le Brésil, l’un des objectifs de la réunion est d’obtenir des signaux positifs sur l’allègement de la dette des pays pauvres ou une taxation internationale des «super riches».

Il faut faire en sorte que «les milliardaires à travers le monde paient leur juste contribution à l’impôt», a lancé M. Haddad.

La France veut «accélérer» les négociations internationales en vue de la mise en place d’une «taxation minimale» des milliardaires, a abondé le ministre des Finances Bruno Le Maire devant des journalistes.

Le climat est également une priorité du Brésil de Lula.

«La crise climatique nous a déjà atteints et il faut reconnaître que nous avons été un peu lents à y faire face», a reconnu la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, lors d’une table ronde en marge du G20.

Elle préconise d’accélérer les réductions d’émissions de CO2, d’en finir avec les subventions sur les énergies fossiles et de mobiliser des financements pour «la gigantesque opportunité de la transition verte».

La première rencontre du «G20 Finances» de l’année sert à préparer le terrain pour la réunion des chefs d’État et de gouvernement, en novembre à Rio. C’est ce sommet qui permettra de juger si la première puissance d’Amérique latine, qui sous l’égide de Lula se pose en championne du «Sud global», a réussi à arracher des avancées concrètes.

   Avoirs russes

Si le Brésil veut éviter que le conclave de Sao Paulo ne soit phagocyté par les conflits actuels, M. Le Maire a souligné que «les vrais risques économiques aujourd’hui sont des risques géopolitiques», citant «les conflits au Proche-Orient, en mer Rouge et en Ukraine».

La question ukrainienne a d’ailleurs été évoquée avant même l’ouverture de ce G20.

Mercredi matin à Sao Paulo, les ministres ou représentants des pays du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, Etats-Unis, ainsi que l’Union européenne), se sont retrouvés pour discuter de l’aide à l’Ukraine, deux ans après l’invasion russe.

Le ministre des Finances ukrainien, Sergii Marchenko, y a pris part en visioconférence, a-t-on appris auprès de participants.

L’idée d’aider l’Ukraine à financer son effort de guerre et sa reconstruction via les quelque 397 milliards de dollars d’actifs russes gelés par l’Occident depuis l’invasion russe fait son chemin, en particulier moyennant la saisie des intérêts issus de ces avoirs.

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a appelé mardi à une action «urgente» dans ce domaine.

Mais le ministre français a averti qu’il n’y a aujourd’hui «pas de base légale pour saisir les avoirs russes» eux-mêmes, comme certains responsables, dont Mme Yellen et le Premier ministre britannique Rishi Sunak, l’ont proposé ces derniers jours.

En difficulté sur le front, Kyïv exhorte à un soutien occidental renforcé et espère le déblocage au Congrès américain d’une nouvelle aide financière de 60 milliards de dollars.

Pour le ministre français, «la vraie urgence, c’est qu’aux États-Unis on arrive à débloquer ces 60 milliards de dollars».

Fondé en 1999, le G20 représente plus de 80% du PIB mondial, les trois quarts des échanges mondiaux et les deux tiers de la population mondiale.

Il compte aujourd’hui 21 membres: les 19 premières économies de la planète, ainsi que l’Union européenne et, pour la première fois cette année, l’Union africaine.

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