jeudi 25 juillet 2024

des taxis volants autorisés dans Paris, la mairie conteste

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La création d’une plateforme flottante permettant le décollage et l’atterrissage de taxis volants électriques dans Paris pour des vols de démonstration gratuite pendant les Jeux olympiques a été autorisée mardi par un arrêté gouvernemental paru au journal officiel.

Vitrine revendiquée d’une aviation décarbonée, cette expérimentation, limitée à des vols de démonstration gratuite, est critiquée par de nombreux élus municipaux de Paris, de la majorité ou de l’opposition, qui dénoncent un «projet absurde» et une «aberration écologique».

La mairie de Paris va étudier la possibilité d’un recours en justice contre l’arrêté, a donc annoncé à l’AFP l’entourage de la maire socialiste, Anne Hidalgo.

Les promoteurs de ces taxis volants, présentés comme plus petits, moins lourds et moins bruyants que des hélicoptères, insistent sur la possibilité de les utiliser ultérieurement – grâce à des versions plus grandes – pour du transport sanitaire d’urgence, que ce soient des malades ou des greffons.

Les Jeux olympiques débutent le 26 juillet dans la capitale française et le feu vert du gouvernement français à une expérimentation était attendu depuis plusieurs mois.

La plateforme autorisée par arrêté mardi sera située sur une barge sur la Seine et «pourra être exploitée jusqu’au 31 décembre 2024 au plus tard».

«Tenant compte de son caractère expérimental», l’arrêté limite les horaires d’exploitation de cette hélistation «entre 8 heures et 17 heures» et le nombre de vols «à deux mouvements par heure et à 900 vols sur la totalité de l’expérimentation» jusqu’à la fin de l’année.

Le groupe Aéroports de Paris (ADP) s’est associé dans ce projet à la région parisienne et à l’entreprise allemande Volocopter, qui fabrique le «Volocity», un aéronef à deux places (dont celle du pilote), équipé de batteries alimentant 18 rotors disposés en couronne au-dessus du cockpit.

Le but est de profiter de la vitrine des JO pour démontrer la faisabilité de ce nouveau mode de transport, censé relier différents sites de décollage et d’atterrissage, des «vertiports».

Quatre de ces «vertiports» existent déjà, situés au nord de la capitale sur les aéroports de Paris–Charles-de-Gaulle et du Bourget, et à l’ouest, sur les communes d’Issy-les-Moulineaux et de Saint-Cyr-l’École. 

Ne manquait plus que l’autorisation pour un cinquième site, la fameuse barge à quai près de la gare d’Austerlitz, dans l’est de la capitale.

En septembre, l’Autorité environnementale avait jugé l’étude d’impact «incomplète» sur le plan de l’évaluation des nuisances sonores, de la consommation d’énergie ou des émissions de gaz à effet de serre.

En l’absence de certification de l’Agence européenne de sécurité aérienne avant les JO, désormais attendue au mieux à l’automne, les porteurs du projet devront se contenter pendant la durée des Jeux (26 juillet-11 août) de vols de démonstration gratuite. 

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