lundi 22 avril 2024

Le président de la COP28 accusé d’avoir voulu conclure des marchés dans les énergies fossiles

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Le président de la COP28 sur le climat, Sultan Al Jaber, qui est aussi le patron d’une compagnie pétrolière, a voulu mettre à profit son rôle à la COP pour conclure des marchés dans les énergies fossiles, a affirmé lundi la BBC.

«Les documents évoqués dans l’article de la BBC sont inexacts et n’ont pas été utilisés par la COP28 lors de réunions», a rétorqué un porte-parole de la COP28, qui se déroule à partir de jeudi et jusqu’au 12 décembre à Dubaï.

«Il est extrêmement décevant que la BBC utilise des documents non-vérifiés», a ajouté le porte-parole.

«Je ne peux pas croire que ce soit vrai», a réagi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, interrogé par des journalistes.

La BBC s’appuie pour son enquête sur des documents recueillis par des journalistes du Centre for Climate Reporting (CCR).

Les documents, dont ce centre assure avoir vérifié l’authenticité, ont été obtenus via un «lanceur d’alerte» resté anonyme de peur de représailles, précise le CCR.

Il s’agit d’une compilation de 150 pages de briefings préparés par l’équipe de la COP28 pour des rencontres avec Sultan Al Jaber entre juillet et octobre 2023.

Les documents ainsi révélés, affirme la BBC, ont été rédigés par l’équipe des Émirats de la COP28 pour des réunions avec au moins 27 gouvernements étrangers avant le sommet.

Ils comprennent des «points de discussion» comme l’un à l’intention de la Chine selon lequel la compagnie pétrolière émiratie Adnoc souhaite «évaluer en commun des opportunités internationales» dans le gaz naturel liquéfié au Mozambique, au Canada et en Australie.

D’après la BBC, l’équipe des Émirats arabes unis n’a pas contesté l’utilisation de réunions COP28 pour des discussions d’affaires et fait valoir que «les réunions privées sont privées».

Selon le CCR et la BBC, plus de douze pays contactés par les deux organismes n’ont pas répondu, plusieurs ont contesté des discussions commerciales avec Sultan Al Jaber, malgré les points de discussion apparaissant sur les briefings préparés avant les réunions, et cinq autres ont affirmé qu’aucune réunion n’avait eu lieu.

Pour Kaisa Kosonen, la coordinatrice des politiques chez Greenpeace International, le sommet «devrait se concentrer sur le fait d’avancer sur des solutions climatiques de manière impartiale, pas sur des marchés d’arrière-plan qui alimentent la crise».

«C’est exactement le genre de conflit d’intérêts que nous craignions quand le directeur général d’une compagnie pétrolière a été nommé à ce poste», a-t-elle ajouté.

Le choix du patron d’Adnoc pour présider la COP28 avait en effet déjà été vivement critiqué par les défenseurs de l’environnement.

«Si ces accusations sont fondées, c’est totalement inacceptable et un véritable scandale», a réagi Greenpeace dans un communiqué, à trois jours de l’ouverture de la conférence de l’ONU sur le climat.

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