mardi 28 mai 2024

Lutte antiterroriste: l’engagement du Maroc pour la coopération institutionnelle mise en avant à l’ONU

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Le directeur des questions globales au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Ismail Chekkori a souligné, à New York, l’engagement du Maroc en faveur du renforcement de la coopération institutionnelle en matière de lutte contre le terrorisme.

Intervenant lors de la Conférence de haut niveau réunissant les chefs d’organismes antiterroristes des États membres, dans le cadre de la Troisième semaine de lutte contre le terrorisme (19-23), M. Chekkori a souligné que le Maroc a toujours été un « ardent défenseur » du renforcement de la coopération institutionnelle contre le terrorisme.

Il a, dans ce cadre, relevé qu’en collaboration avec le Bureau des Nations Unies de la lutte contre le terrorisme (UNOCT), le Maroc a lancé l’année dernière la « Plateforme de Marrakech pour les chefs africains des agences de sécurité et de lutte contre le terrorisme », précisant que cette plateforme, qui a tenu récemment sa 2è réunion à Tanger, a réuni plus de 38 chefs d’agences de sécurité des États membres africains et des pays partenaires.

Elle sert de forum annuel pour évaluer les réalisations, les priorités, les besoins et les actions, tout en promouvant la coordination inter-agences et l’échange des meilleures pratiques et expériences, a-t-il dit, notant que la plateforme est une “démonstration forte” de la volonté des pays africains de s’engager dans un effort multilatéral fiable et crédible pour lutter contre le terrorisme.

Relevant que la Plateforme de Marrakech sert de modèle réussi de coordination institutionnelle régionale qui mérite d’être soutenu et promu, M. Chekkori a fait observer que cette structure reflète trois caractéristiques clés d’une approche antiterroriste réussie en Afrique.

Il s’agit de la promotion de l’appropriation par l’Afrique de réponses antiterroristes personnalisées et de solutions sur mesure, la facilitation de l’échange d’expériences africaines réussies et des renseignements tirés, outre l’alignement sur les priorités des initiatives et efforts émergents de lutte contre le terrorisme comme “l’Initiative des États africains de l’Atlantique “, “l’Initiative d’Accra” et “le groupe de réflexion sur l’Afrique”.

Le responsable a également rappelé que le Maroc abrite à Rabat le Bureau du Programme des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et la formation en Afrique, qui représente, selon lui, l’aboutissement du partenariat et de la collaboration fructueuse entre le Maroc et l’ONU, ajoutant que ce Bureau propose des programmes de renforcement des capacités qui répondent aux priorités des pays africains.

“Ces programmes, étroitement coordonnés avec les autorités de sécurité marocaines, tirent parti de l’expérience du Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et partagent les meilleures pratiques avec les pays bénéficiaires” et s’alignent sur les Hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI mettant l’accent sur la collaboration et le partage de la stratégie nationale multidimensionnelle du Maroc, a-t-il fait remarquer.

Il a, dans ce cadre, indiqué que la mise en œuvre de cette stratégie repose sur une série de mesures de renforcement de la résilience institutionnelle dans les domaines sécuritaire, socio-économique et religieux, précisant que cette approche consiste principalement à développer un cadre institutionnel en promulguant des lois antiterroristes solides et en créant des organes spécialisés pour la mise en œuvre des mesures nationales de lutte contre le terrorisme.

Il s’agit, selon l’intervenant, de renforcer le cadre institutionnel en adoptant des lois antiterroristes robustes et en mettant en place des instances spécialisées, tels que le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ).

Evoquant l’expérience du BCIJ en tant qu’exemple de la réponse institutionnelle efficace du Maroc face au terrorisme, M. Chekkori a indiqué que ce Bureau est une agence de sécurité spécialisée relevant de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGST). Il est chargé d’enquêter et de poursuivre les affaires liées au terrorisme au Maroc, avec compétence sur tous les actes de terrorisme à l’intérieur des frontières du pays, a-t-il précisé, ajoutant que le BCIJ opère dans tout le pays, menant des enquêtes indépendantes ou en collaboration avec des agences de sécurité nationales et internationales.

Agissant en tant que branche judiciaire de la DGST, le BCIJ, avant d’engager toute mesure opérationnelle, coordonne avec le procureur général près la cour de Rabat, qui a compétence exclusive dans les cas liés au terrorisme, a-t-il dit, ajoutant que cette structure, composée d’enquêteurs hautement qualifiés, d’analystes du renseignement et d’experts médico-légaux, recueille des renseignements, mène des enquêtes et rassemble des preuves contre des individus et des groupes impliqués dans le terrorisme.

L’intervenant a fait remarquer qu’en plus de son rôle d’enquête, le BCIJ s’engage dans des mesures préventives pour contrer la radicalisation et détecter la propagande extrémiste online et les efforts de recrutement par les groupes terroristes, notant que le Bureau entretient aussi des liens étroits avec des partenaires internationaux pour mener des opérations conjointes contre des réseaux terroristes transnationaux.

Pour le responsable, le BCIJ est un “exemple réussi” de la capacité du Maroc à résister et à répondre efficacement aux menaces terroristes.

Évoquant les quatre éléments à retenir de l’expérience du BCIJ, M. Chekkori a cité la préparation qui prévoit la mise en place de plans, de procédures et de ressources solides pour faire face à divers types de menaces, le partage de renseignements et d’informations, la coordination et la coopération, outre l’adoption d’approches adaptatives et flexibles qui ajustent les stratégies et les tactiques en réponse à l’évolution des menaces terroristes, et ce en évaluant constamment les procédures, les technologies et les politiques pour garder une longueur d’avance sur les risques et les défis émergents.

Le responsable a, par ailleurs, souligné que les agences de sécurité nationale demeurent ouvertes à la collaboration avec des partenaires fiables pour réaliser des efforts tangibles qui donnent des résultats concrets.

Et de conclure en réaffirmant l’engagement indéfectible du Maroc envers la sécurité et la stabilité dans le continent africain.

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