mercredi 22 mai 2024

L’exercice illégal des injections de filler: une menace croissante pour la santé

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Suite à la multiplication des cas d’exercice illégal des injections de filler, il est devenu impératif de prendre des mesures strictes pour lutter contre cette pratique préjudiciable. Quels sont donc les dangers associés à ces pratiques illégales et comment peut-on lutter efficacement contre ce fléau?

Selon une source sécuritaire, les éléments du service préfectoral de la Police judiciaire de Rabat ont procédé, mardi 14 juin 2023, à l’arrestation de 3 individus, à savoir le gérant d’un salon de coiffure, son épouse étrangère et une employée, soupçonnés d’usurpation d’identité réglementée par la loi, d’exercice non autorisé de la médecine et de mise en danger de la santé des citoyens.

Selon la même source, la suspecte a été appréhendée en flagrant délit alors qu’elle injectait des fillers à une cliente dans le salon de coiffure. Son époux et l’employée, également soupçonnés d’être impliqués, ont été arrêtés sur les lieux. Ajoutant que lors de la perquisition effectuée dans ce salon, les autorités ont saisi 48 boîtes contenant différents types d’injections, ainsi que 76 autres injections périmées.

Exercice non autorisé

Dans une déclaration à SNRTnews, la présidente du Conseil régional des médecins de Rabat-Salé-Kénitra, Docteur Falky Zaki Badeiaa, déclare que les injections du filler dans les centres de beauté, sont des pratiques illégales, car pour exercer cette discipline, il est non seulement impératif d’être docteur en médecine mais en plus d’avoir suivi une formation spécifique dans ce sens.

En effet, cette discipline n’est pas étudiée pendant les sept ou huit années de formation médicale, mais seulement après l’obtention du doctorat. De plus, « même en tant que médecin, il est obligatoire de demander l’autorisation à l’Ordre national des médecins pour pouvoir exercer la médecine, sinon on se retrouve dans l’exercice non autorisé de la médecine, ce qui est encore pire lorsque des personnes non médecins pratiquent la médecine. C’est de l’exercice illégal« , souligne-t-elle.

Risques et conséquences de ces pratiques illégales 

D’autre part, notre interlocutrice a fait savoir que les fillers sont considérés comme des dispositifs médicaux par l’autorité chargée des médicaments et ne peuvent être injectés que par un médecin.

« Les conséquences de telles pratiques peuvent causer des infections au niveau du nez, des lèvres, même en injectant le bas du visage. Cela peut également provoquer une cécité par méconnaissance de l’anatomie du corps humain« , alarme-t-elle. Pour ce faire, il est essentiel que le praticien maîtrise parfaitement l’anatomie, ce qui n’est pas le cas des personnes qui exercent ces pratiques sans être médecins. 

Ces derniers peuvent injecter n’importe où, potentiellement dans une artère, ce qui peut entraîner la cécité, l’infection des structures profondes ou de la graisse, voire même mettre en jeu le pronostic vital par une cellulite.

De plus, la présidente du Conseil régional des médecins souligne que les personnes non médecins qui exercent ces pratiques ne possèdent aucune notion d’asepsie. « Elles ne travaillent pas dans des conditions exemptes de microbes. Leur pratique ne respecte pas les normes d’hygiène, ce qui peut entraîner des effets secondaires pour les patients, et encore moins dans les centres de beauté« , martèle-t-elle.

« Ces personnes n’ont pas le droit d’introduire une aiguille, quelle que soit la substance présente dans la seringue. Seuls les médecins peuvent le prescrire ou le faire, et cela est d’autant plus important si le produit injecté est un filler« , a-t-elle ajouté.

Nécessité de faire respecter la loi

Il est également important de savoir que ces produits doivent être autorisés par le ministère de la Santé et par la direction des médicaments. Cette autorisation est une garantie pour la sécurité des patients. Elle ne permet d’importer des produits d’un autre pays sans avoir obtenu l’autorisation de mise sur le marché marocain (AMM). De plus, il est essentiel de respecter la chaîne du froid lors de l’importation de ces produits.

En outre, docteur Falky souligne que le Conseil régional des médecins intensifie ses efforts de sensibilisation pour informer la population, en particulier les femmes, des dangers potentiels causés par ces injections réalisées de manière illégale. Dans ce contexte, la présidente du Conseil régional des médecins encourage vivement à déposer d’autres plaintes auprès du procureur du Roi contre ces individus, afin de mettre un terme à ce fléau.

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