lundi 24 juin 2024

L’ambassadeur de l’UE au Soudan « agressé » chez lui

-

L’ambassadeur de l’Union européenne au Soudan a été « agressé » chez lui, a annoncé lundi soir le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell alors que Khartoum est en proie à de violents combats.

« Il y a quelques heures, l’ambassadeur de l’UE au Soudan a été agressé dans sa résidence », a tweeté M. Borrell. Dénonçant « une violation flagrante » de la Convention de Vienne, il a rappelé que les autorités soudanaises avaient la responsabilité d’assurer la sécurité des installations diplomatiques et des diplomates présents dans leur pays.

L’ambassadeur de l’UE, l’Irlandais Aidan O’Hara, est « OK », a indiqué à l’AFP Nabila Massrali, porte-parole du service diplomatique de l’UE, précisant que la délégation de l’UE n’avait pas été évacuée. « La sécurité de notre personnel est notre priorité », a-t-elle souligné. Le ministre des Affaires étrangères irlandais, Micheal Martin, a déclaré que M. O’Hara n’était « pas gravement blessé », mais que l’agression constituait « une violation flagrante des obligations de protection des diplomates prévues par la Convention de Vienne ».

« Nous le remercions pour son service et appelons à une cessation urgente de la violence au Soudan et à la reprise du dialogue », a ajouté M. Marin. Un peu plus tôt dans la journée, M. Borrell avait appelé à un cessez-le-feu dans le pays « afin de permettre une médiation ». « L’UE s’emploie à persuader les deux parties de la nécessité d’une pause humanitaire et à encourager le dialogue », avait-il ajouté.

Selon l’ONU, plus de 185 personnes ont été tuées et 1.800 blessées ces trois derniers jours lors des combats. « La situation est très changeante. Il est difficile d’évaluer dans quel sens l’équilibre évolue », a déclaré depuis Khartoum le chef de la mission de l’ONU au Soudan, Volker Perthes. Les Nations unies ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et des organismes internationaux, dont l’Union européenne, ont exprimé leur vive inquiétude.

Le conflit était latent depuis des semaines entre le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays, et son numéro deux, le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », à la tête des Forces de soutien rapide (FSR), qui avaient évincé ensemble les civils du pouvoir lors du putsch d’octobre 2021.

- Advertisment -