samedi 22 juin 2024

Le télescope James-Webb révèle toute la beauté d’Uranus et de ses anneaux

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Onze des treize anneaux d’Uranus sont spectaculairement visibles dans des images prises pendant seulement 12 minutes de pose dans l’infrarouge par le télescope James-Webb en février 2023. On peut donc s’attendre à des images encore plus belles dans le futur, d’autant plus que l’on voit déjà aussi avec le JWST plusieurs des 27 lunes connues d’Uranus.

Les anneaux d’Uranus sont si peu brillants dans le visible qu’il a fallu attendre 1977 pour que les astronomes et informaticiens James L. Elliot, Edward W. Dunham et Jessica Mink fassent leur découverte depuis la Terre. Il faudra ensuite attendre la visite de la sonde Voyager 2 en 1986 pour que deux anneaux soient découverts en plus des neuf précédents. Deux anneaux supplémentaires ont été découverts de 2003 à 2005 par le télescope Hubble.

Une calotte polaire à l’équateur

La Nasa et l’ESA viennent tout juste de nous montrer ces images d’Uranus. Rappelons que la planète est particulière parce que  son axe de rotation est presque parallèle à son plan orbital, ce qui implique des saisons bien plus extrêmes que sur Terre avec une année qui dure 88 ans terrestres et une espèce de calotte polaire qui se trouve en quelque sorte à l’équateur. Rappelons également que Neptune, tout comme Uranus, est une géante glacée et pas une géante gazeuse comme le sont Jupiter et Saturne.

Comme l’explique le communiqué publié accompagnant les images prises par la caméra proche infrarouge du James-Webb (NIRCam) avec ses deux filtres à 1,4 et 3,0 microns, donnant des photos en fausses couleurs représentées ici en bleu et orange, c’est la fin du printemps au pôle Nord que le JWST nous permet de contempler. Il faudra attendre 2028 pour voir l’été dans l’hémisphère nord. Lorsque Voyager 2 a visité Uranus, c’était l’été au pôle Sud.

Des anneaux, des nuages et des lunes

Quand la sonde Voyager 2 s’est approchée d’Uranus, elle n’avait pas la possibilité de voir dans l’infrarouge comme le JWST, de sorte que l’on voit maintenant des détails inédits de l’atmosphère de la géante glacée, comme les deux nuages dont l’un est très brillant sur la partie gauche de l’image d’Uranus et l’autre qui l’est moins, en bordure de la calotte polaire nord d’Uranus. On avait toutefois déjà vu de tels nuages dans l’infrarouge proche avant, notamment grâce aux techniques d’optique adaptative de l’Observatoire Keck à Hawaï, et que l’on sait être typiques d’Uranus.

On voit aussi clairement une sorte de calotte polaire propre à Uranus dont on sait qu’elle apparaît mystérieusement lorsque le pôle entre directement dans la lumière du Soleil en été et disparaît à l’automne. On attend justement des observations du JWST qu’elles nous aident à comprendre le mécanisme derrière sa formation.

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