vendredi 21 juin 2024

Contexte du Forum pour la réduction des coûts de transfert de fonds de la diaspora africaine

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Le Forum de Rabat sur la réduction des coûts de transferts de fonds de la Diaspora africaine, dont les travaux se sont ouverts, jeudi à Rabat, se tient après la proposition de Royaume du Maroc d’engager un processus multilatéral conjointement avec le Togo, initiateur du Cadre de Lomé et Président du Haut-Comité. Voici le contexte de ce Forum:

– Lors de la 18ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA), tenue en 2012, sur le Sommet mondial de la diaspora africaine, la Conférence, par sa Décision 393 (XVIII), a fait de la question de la diaspora un point permanent de l’ordre du jour des sessions de la Conférence.

– Lors de sa 34ème session, tenue le 7 février 2021, la Conférence de l’UA a adopté la Décision 807(XXXIV) par laquelle elle a retenu la proposition togolaise de décréter la décennie 2021- 2031 comme celle « des racines africaines et de la diaspora africaine » visant à réunir toutes les conditions pour une meilleure contribution des africains de l’extérieur dans le développement du continent. L’un des objectifs retenus dans ce cadre, qui s’inscrit dans l’agenda international, est la réduction des coûts de transferts de la diaspora africaine.

– Les 2 et 3 février 2022, la 40ème session du Conseil Exécutif de l’UA a officiellement adopté le « Cadre stratégique, commercial et opérationnel pour une société financière de la diaspora africaine (ADFC) » comme cadre du projet de l’Union africaine sur les investissements de la diaspora. Cette adoption est intervenue après l’approbation des ministres africains des finances le 17 décembre 2021 et l’examen par le sous-comité compétent du Comité des représentants permanents (COREP) de l’UA. La Commission de l’UA entreprendra une étude de faisabilité supplémentaire, couvrant les opérations commerciales, la planification et les critères d’investissement, et l’application des fonds de l’ADFC.

– La diaspora africaine est estimée à plus de 150 millions en 2021, dont les deux tiers est sur le Continent africain. Elle représente un facteur de contingence stratégique, pour la promotion de l’image de l’Afrique, la valorisation des racines dans le monde et l’enrichissement du continent.

– La diaspora africaine c’est aussi une contribution considérable aux économies nationales africaines. Elle est l’agent d’une mission économique à double vocation : d’investissement et de développement socio-économique.

– Les transferts de fonds de la diaspora ont représenté, en 2013, plus de trois fois les niveaux d’aide publique au développement et des investissements directs à l’étranger à destination de l’Afrique subsaharienne.

– Sur la période 2010-2020, les envois de fonds ont totalisé plus de 610 milliards US $ pour la région MENA et 440 milliards US $ pour l’Afrique subsaharienne. Rapportés au PIB, ces flux représentent une moyenne de 1,7 % pour la première région sur la période susvisée et 2,4% pour la seconde. Or, seulement 10% des envois de fonds sont investis dans les projets ou produits d’épargne en Afrique.

– Ces transferts ont déjoué les prédictions en résistant remarquablement aux effets économiques de la pandémie de COVID-19, affichant une augmentation en 2020 dans de nombreux pays africains, qui s’est confirmée en 2021.

– Si le rapport de la Banque Mondiale publié en mai 2022, confirme la progression des remises migratoires vers l’Afrique subsaharienne de 14,1% pour atteindre 49 milliards de dollars en 2021 et vers la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars, le coût des transferts vers le continent demeure néanmoins, le plus élevé à l’échelle mondiale.

– Pour un envoi de 200 $, les frais ressortent à 8% en moyenne pour l’Afrique subsaharienne sur le premier trimestre 2021, contre 6,4 % au plan international, soit près de 3 fois l’objectif de 3% fixé par la cible n°10 des Objectifs de Développement Durable (ODD) à horizon 2030. Cet objectif a été retenu, également, par le G20, dans sa feuille de route pour le développement des paiements transfrontaliers. Ce coût dépasse 18 % sur les cinq couloirs les plus coûteux, soit le triple de la moyenne mondiale. Au niveau de la région MENA, le coût moyen ressort à 6,3 %.

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