mercredi 28 février 2024

Économie nationale: entre réformes et mesures préventives

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Lareleve.ma-MAP(photos Abed Chaer)

 

  Les groupes de l’opposition à la Chambre des représentants ont appelé le gouvernement à prendre des mesures préventives pour faire face à la situation que traverse l’économie nationale, alors que la majorité estime que la conjoncture est opportune pour mener des réformes structurelles efficientes, en dépit de certains indicateurs préoccupants.

 

  Réagissant à la présentation du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, dans le cadre de la séance mensuelle sur la politique générale, l’opposition a exhorté l’Exécutif à fixer des priorités pour affronter cette conjoncture difficile et conforter les acquis des dernières années, considérant que les chiffres fournis par le gouvernement augurent « d’une étape très critique », allusion au creusement du déficit budgétaire, à la baisse des transferts des Marocains résidant à l’étranger, à l’état des récoltes à cause de la sécheresse, au recul des recettes touristiques, à la régression de la demande extérieure en raison de la crise en Europe, principal partenaire du Maroc, ainsi qu’à l’amenuisement des réserves en devise.

 

  L’économie marocaine est arrivée « à l’étouffement » à cause des six mois de gestion de l’actuel gouvernement, ont estimé les groupes de l’opposition, soulignant l’impact de l’augmentation des prix des hydrocarbures sur les produits de consommation et l’aggravation de la dette publique suite à l’emprunt externe.

 

  En cette «conjoncture de crise», le gouvernement se doit d’adopter un discours de transparence, de déterminer les priorités de manière judicieuse, de faire preuve de courage politique dans la recherche des solutions, ont-ils poursuivi, insistant sur l’encouragement de la consommation nationale pour réduire les importations et stimuler les secteurs producteurs.

 

  De leur côté, les groupes de la majorité ont appelé à faire montre du même enthousiasme démontré pour les réformes quand il s’agit de la gestion de la situation économique, relevant l’importance du renforcement de la compétitivité des entreprises marocaines, de la valorisation des compétences et de la mobilisation des infrastructures nécessaires aux activités industrielles productives.

 

  La majorité, qui a attribué le niveau du déficit budgétaire à l’augmentation de la facture énergétique, a estimé que l’actuelle conjoncture est le résultat des politiques des gouvernements précédents, appelant à la révision de la stratégie des exportations, à l’encouragement de la consommation de la production nationale, la rationalisation des programmes de lutte contre la pauvreté, à une plus implication du secteur bancaire dans la dynamisation de l’économie et à une meilleure distribution des fonds de subvention pour mieux cibler les démunis.

 

  En dépit de cette conjoncture due à des facteurs endogènes et d’autres exogènes, il est toujours temps de conduire des réformes structurelles efficientes bénéfiques au pays.

 

  Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a souligné, lundi, que la confiance reste de mise dans l’économie nationale selon plusieurs indicateurs, avec une croissance prévisionnelle de 3,4 pc en 2012, appelant à bannir le discours mystificateur faisant état du « recul » de cette confiance.

 

  M. Benkirane, qui s’exprimait lors de la troisième séance mensuelle sur la politique générale à la Chambre des représentants, a indiqué que parmi ces indicateurs, figurent notamment la réalisation d’un taux de croissance de 4,7 pc en dehors du secteur agricole, qualifiant ce taux de « positif » eu égard à la conjoncture internationale marquée par une série de révisions à la baisse des taux de croissance, outre une saison agricole en-deçà de la moyenne.

 

 

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