jeudi 18 avril 2024

Des avions iraniens au nord du Mali

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 lareleve.ma

 

  Alors que le nord du Mali, contrôlé par les fondamentalistes, s’organise en Etat islamique de l’Azawad , les services de renseignement occidentaux s’inquiètent du jeu iranien dans la région.

 

  Selon des sources interrogées par TTU, des avions de fret iraniens effectueraient depuis quelques semaines des rotations sur les trois aéroports de la région, Tombouctou, Gao et Tessalit. Leur cargaison contiendrait des stocks d’armes lourdes destinées aux hommes d’Ansar Eddine et d’AQMI.

 

   Des opérationnels d’Al-Qaida, réfugiés en Iran, auraient été également “injectés” sur le sol malien pour consolider la mainmise des deux groupes sur la zone. Des sources sécuritaires locales ont, en outre, observé la présence de Pakistanais et d’Arabes du Proche-Orient à leurs côtés.

  L’internationalisation dans le processus de sanctuarisation du nord du Mali, qui marque une nouvelle étape dans la dégradation sécuritaire du pays depuis le putsch du 22 mars, vient encore marquer les limites de la médiation menée par la CEDEAO pour restaurer l’ordre constitutionnel à Bamako, un préalable jusque-là à la gestion du front nord.

 

  Selon des sources maliennes qui l’ont rencontré à Paris, le président par intérim, Dioncounda Traoré, hospitalisé à l’hôpital parisien du Val de Grâce depuis son agression à Bamako par des éléments pro-junte le 21 mai (voir TTU n° 735), est «considérablement affaibli et n’est pas prêt de revenir à Bamako».

 

  La crise politique s’installant, l’option d’une intervention militaire, un temps rejetée, apparaît aujourd’hui pour nombre de pays africains comme la seule réponse capable de mettre fin à l’occupation du nord et restaurer l’intégrité territoriale du pays.

 

   De passage à Paris les 29 et 30 mai, le président en exercice de l’UA, le Béninois Boni Yayi, a plaidé le recours à cette option auprès du président français, rejoint par le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, qui s’en est entretenu avec son homologue français, Laurent Fabius. Celle-ci prévoit l’envoi d’un contingent africain, armée malienne comprise, soutenu logistiquement et financièrement par des forces internationales. Reste à en convaincre l’Onu.

TTU Monde Arabe du 8 juin

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