dimanche 23 juin 2024

La justice espagnole condamne le juge Garzon

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photo du juge à sa sortie du tribunal de Madrid mercredi dernier.

lareleve.ma


   Celui qui avait suscité l’étonnement au Maroc, pour avoir accepté d’instruire une enquête judiciaire, pour de supposés crimes contre l’humanité au Sahara, a été condamné aujourd’hui jeudi 9 février, à 11 ans d’interdiction d’exercer, par le Tribunal suprême de Madrid.

   Le juge  avait provoqué le Maroc en acceptant la plainte de séparatistes sahraouis contre presque toute la hiérarchie militaire et sécuritaire marocaine. Apparemment, il n’aura plus la possibilité de déranger ; « Nous condamnons l’accusé Baltasar Garzon en tant qu’auteur responsable d’un délit de forfaiture », ont décidé jeudi « à l’unanimité » les juges du Tribunal suprême de Madrid, qui lui ont en outre infligé une amende. Baltasar Garzon a juré jeudi qu’il combattrait sa condamnation à 11 ans d’interdiction d’exercer.

 

   Aux cris de « Honte ! Quelques centaines de manifestants se sont rassemblés peu après dans le centre de Madrid pour protester contre ce jugement. Baltasar Garzon, 56 ans, a quant à lui annoncé dans un communiqué qu’il utiliserait « tous les recours légaux appropriés pour combattre ce verdict », qui lui a causé un « préjudice irréparable ». Ce jugement n’admet pas d’appel en Espagne, mais Baltasar Garzon peut saisir le Tribunal constitutionnel s’il estime que ses droits n’ont pas été respectés, puis déposer un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme.

 

   Baltasar Garzon est condamné pour avoir ordonné des écoutes de conversations entre des suspects incarcérés et leurs avocats, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole. Mercredi, le Tribunal suprême avait mis en délibéré la deuxième affaire visant le magistrat, dans laquelle il est jugé pour avoir enfreint la loi d’amnistie votée par le Parlement espagnol en 1977, en ouvrant une instruction en 2008 sur le sort de plus de 100.000 personnes portées disparues pendant la Guerre civile (1936-39) et le franquisme (1939-75).

 

   Baltasar Garzon est en outre mis en examen dans un troisième dossier. Cette accumulation d’affaires visant un haut magistrat pousse ses partisans à dénoncer un complot visant à détruire la carrière d’un homme qui dérange.

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