mercredi 22 mai 2024

Le ministère des affaires étrangères suit de très près la situation des marocains bloqués au Myanmar

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Le ministère des affaires étrangères et des marocains résidant à l’étranger suit de très près la situation des ressortissants marocains bloqués au Myanmar, par des bandes et réseaux criminels. Confient des sources diplomatiques à lareleve.ma.

Selon les mêmes sources, les victimes ne se déplacent pas en Thaïlande en tant que touristes. Elles ont été recrutées par des « entreprises » basées à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande, opérant dans le domaine de l’escroquerie cybernétique «scamming»(arnaque ou escroquerie en français).

Et les mêmes sources d’ajouter que, les victimes ont été attirées par de fausses offres d’emploi dans le commerce électronique, avec des propositions professionnelles lucratives comprenant des billets d’avion et des frais d’hébergement.

L’opération de recrutement des victime, expliquent les mêmes sources diplomatiques, s’effectue depuis le Maroc par l’intermédiaire de concitoyens servant de relais à d’autres marocains recrutés au Myanmar.

Toujours selon nos sources diplomatiques, les personnes recrutées sont en général chargées d’attirer des personnes de leur pays d’origine dans différentes arnaques, via de faux profils, parfois sous la forme de prétendus portails d’investissement, de faux sites de jeux de hasard et parfois de menaces d’atteinte à la vie privée.

L’itinéraire suivi à cet effet, entre le Maroc et le Myanmar, commence par une escale en Malaisie, avant de passer par la Thaïlande pour finalement aboutir au Myanmar. Les victimes sont transportées par avion jusqu’à Mae Sot, une ville frontalière du Myanmar connue pour ses activités suspectes et illégales. Cette région est sous le contrôle des milices ethniques rebelles et armées qui profitent de l’instabilité politico-sécuritaires dans la région.

D’après les mêmes sources, 14 ressortissants marocains se trouveraient actuellement bloqués dans cette zone. Certains Marocains ont accepté de travailler pour ces entreprises en échange de rémunérations attractives et ne se considèrent pas comme des victimes de trafic humain. Cependant, d’autres ont réussi à quitter les centres en question moyennant le paiement d’une rançon. Des cas de maltraitance ainsi que des menaces de mort ont été signalés.

L’ Ambassade du Maroc à Bangkok, ajoutent nos sources, suit cette question de près, elle a entrepris des démarches auprès des autorités thaïlandaises et myanmaraises qui se mobilisent pour la libération des marocains séquestrés au Myanmar. Ces autorités ont toutefois des difficultés à opérer, vu que lesdites sociétés se situent dans des zones contrôlées par des rebelles armés.

Selon les mêmes sources, des ressortissants d’autres nationalité, notamment africain, sont aussi victimes. Le groupe africain à Bangkok et des représentants des organisations internationales, dont l’Organisation Internationale de la Migration, tiendront une réunion de coordination pour établir une approche cohérente pour inviter le gouvernement thaïlandais à agir dans ce sens et afin de faciliter la libération des ressortissants africains victimes de réseaux de trafic humain au Myanmar.

L’Ambassade de Thaïlande à Rabat a été approchée par les familles des ressortissants marocains, le 2 mai courant, pour obtenir des informations sur le sort de leurs proches détenus dans la zone précitée, ajoutent les mêmes sources soulignant que des familles ont été également reçues au ministère des affaires étrangères à Rabat (direction des affaires consulaires et sociales) pour s’informer de la situation des ressortissants marocains.

Le ministère des affaires étrangères suit de très près cette question, à travers ses services à Rabat et les ambassadeurs dans les pays concernés, ainsi qu’avec les ambassades de ces derniers à rabat.

L’Ambassade de Thaïlande à Rabat a publié un communiqué sur l’affaire de séquestration présumée de ressortissants marocains par des réseaux criminels, tout en faisant part de la prédisposition des autorités thaïlandaises à coopérer avec celles des pays dont les ressortissants sont kidnappés.

L’Ambassade de Thaïlande à Rabat, ajoutent les mêmes sources, a tenu à souligner que ce phénomène, « relativement récent », concerne plusieurs ressortissants africains, dont des marocains, ajoutant  qu’il est encore difficile d’identifier les nationalités ainsi que le lieu d’incarcération des victimes et que cela fait l’objet de plusieurs enquêtes ouvertes par les autorités judiciaires.

Par ailleurs, concluent les mêmes sources,  l’Ambassade de Thaïlande à Rabat a pris des mesures exceptionnelles dans les procédures d’octroi des visas de sorte à prémunir davantage des touristes africains face au risque d’arnaque par les réseaux criminels.

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