mercredi 22 mai 2024

Les virus vont devenir plus tenaces avec le réchauffement climatique, alerte une étude

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La pandémie de Covid-19 a posé la question des stratégies les plus efficaces à appliquer pour limiter la propagation des virus, qui circulent notamment à travers l’air que nous respirons.

À ce sujet, une étude de l’université de Bristol (Royaume-Uni) publiée dans la revue Nature Communications le 25 avril dernier a démontré une corrélation entre la concentration de CO2 dans une pièce et la durée pendant laquelle les virus en suspension dans l’air restent infectieux, rapporte New Atlas.

   Des moniteurs de CO2

Le CO2 est un indicateur indirect du risque de transmission virale, puisque sa concentration dans l’air varie en fonction de la ventilation d’une pièce et du nombre de personnes qui s’y trouvent.

Durant la pandémie, des moniteurs de CO2 étaient donc utilisés. Or la concentration de CO2 liée à la respiration a une influence directe sur le pH d’une pièce, qui est lui-même un facteur déterminant de la capacité qu’a un virus aéroporté à rester infectieux. Un lien plus direct pouvait donc être établi.

   Une augmentation de leur transmissibilité

Pour ce faire, les chercheurs de l’université de Bristol ont étudié l’infectiosité des variants Delta, Bêta et Omicron du Covid-19 à l’intérieur de plusieurs pièces dans lesquelles les concentrations en CO2 étaient différentes.

En l’occurrence, une augmentation de la concentration de CO2 de 400 ppm (parties par million) à 800 ppm a entraîné une hausse significative de leur transmissibilité. Par contre, aucune différence n’a été notée à des seuils de concentration plus importants.

   Des implications avec le réchauffement climatique ?

Par conséquent, « cette relation a permis de comprendre pourquoi des événements de super propagation peuvent se produire dans certaines conditions », a souligné Allen Haddrell, auteur principal de l’étude.

Dans un environnement concentré en CO2, les gouttelettes contenant le Covid voient leur pH se réduire, ce qui vient augmenter leur durée d’infectiosité. Cette étude vient de ce fait renforcer la recommandation selon laquelle il est essentiel de bien aérer une pièce pour réduire le risque de transmission du virus.

Dès lors, cette corrélation entre le CO2 et la durée de vie des virus pourrait avoir des implications liées au réchauffement climatique. Selon certains climatologues, le niveau de concentration du CO2 dans l’atmosphère pourrait en effet passer de 400 ppm à 550 ppm d’ici les prochaines décennies. En d’autres termes : ce phénomène « pourrait coïncider avec une augmentation de la transmissibilité d’autres virus respiratoires », a indiqué Allen Haddrell.

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