lundi 20 mai 2024

Compte à rebours : proclamation de l’indépendance de la Kabylie depuis New York

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Militant amazigh exilé, condamné par contumace à la prison à perpétuité par un tribunal d’Alger, Ferhat Mehenni a annoncé que son Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie déclarera l’indépendance de la Kabylie, ce 20 avril, jour du 44e anniversaire du Printemps berbère, devant le siège de l’ONU.

Ce 20 avril à 18h57, dpuis New York, quarante-quatre ans après le Printemps berbère, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) va « proclamer la renaissance de l’État kabyle ». Telle est l’annonce faite par Ferhat Mehenni, 73 ans, figure de proue du séparatisme kabyle, président-fondateur du MAK et du gouvernement provisoire kabyle, l’Anavad.

La date de la tenue de cet évènement a été dévoilée le dimanche 17 mars dernier par Mehenni lors de son allocution hebdomadaire, au cours de laquelle il a déclaré que «le MAK et l’Anavad assument leur responsabilité vis-à-vis de la Kabylie, que ce soit vis-à-vis des prisonniers ou des condamnés à mort ou vis-à-vis de l’histoire. C’est ainsi que nous avons décidé de faire deux pas de géant cette année et l’année prochaine vers notre liberté et notre redressement national».

Intervenant au siège de l’ONU, à New York, lors de la 23ème session de l’instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones, Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad) et du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), a fait part de l’impératif d’intégrer la cause kabyle dans le processus onusien de décolonisation, rappelant dans le même contexte que l’indépendance de la Kabylie sera officiellement proclamée ce samedi 20 avril depuis le territoire américain.

«Je propose qu’un groupe d’experts soit institutionnalisé au niveau de l’ONU et soit membre d’office de la quatrième commission chargée de la décolonisation. Il sera chargé de recevoir, étudier et éventuellement soutenir les demandes des peuples autochtones à inscrire leur territoire sur la liste des peuples à décoloniser comme le réclame pacifiquement la Kabylie, pour elle-même par la voix du mouvement pour l’autodétermination, le MAK, et de l’Anavad, son gouvernement provisoire kabyle en exil», a-t-il plaidé.

Et de poursuivre: «Nous vous invitons à cet effet à assister ce samedi 20 avril 2024 à la cérémonie de proclamation de la renaissance de l’État kabyle qui aura lieu devant le siège de l’ONU».

Dans son allocution prononcée au fil de cette réunion ayant pour thème «Le renforcement du droit des peuples autochtones à l’autodétermination», Ferhat Mehenni a souligné que «cette intervention est importante au moment où la co-présidente de notre ONG, le Congrès mondial amazigh, est en prison pour sa détermination à promouvoir et défendre les droits des peuples en général à l’autodétermination et du peuple kabyle en particulier». Il rappelle, à cet égard, que «plus de 500 jeunes kabyles sont emprisonnés comme elle pour leur amour pacifique pour la liberté».

«L’Algérie criminalise le droit de la Kabylie à son autodétermination, pendant qu’elle en fait la promotion par voie terroriste ailleurs», a-t-il affirmé.

Un jour, une heure et un lieu symboliques

«Le 20 avril prochain, enclenchez tous et tout de suite le compte à rebours sur vos montres. Le 20 avril à 18h57, c’est-à-dire 1857 (en référence à la bataille d’Icheriden qui a eu lieu le 24 juin 1857 en Kabylie, NDLR), nous proclamerons solennellement et publiquement la renaissance de l’État kabyle conformément au Conseil économique, social et environnemental de la Kabylie et aux recommandations du parlement kabyle qui ont été tous les deux dûment consultés», avait-il énoncé.

Le lieu de cette proclamation est également tout un symbole: New York abrite le siège des Nations unies, et le rêve de voir le drapeau de la Kabylie flotter sur le parvis du siège de l’institution est intimement lié au choix de la ville américaine.

«J’appelle d’ores et déjà tous les Kabyles qui sont en Amérique du Nord à être de l’évènement. L’évènement est tellement historique qu’il se produit une seule fois dans la vie d’un peuple comme le peuple kabyle», a-t-il poursuivi sur le même ton serein et monocorde.
Références historiques à l’appui, le président du MAK n’a pas manqué d’adresser une salve de critiques au chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui «ne sera jamais président en Kabylie ou de la Kabylie». «La Kabylie aspire à avoir son propre président, son propre parlement, sa propre autorité, et sa propre souveraineté sur elle-même. Elle n’a pas besoin de l’Algérie», a-t-il martelé.

Pour Mehenni, «la Kabylie est déjà symboliquement hors de l’Algérie. Elle a boycotté les présidentielles de 2019. Donc le président algérien n’est pas président de la Kabylie. Elle a boycotté la révision constitutionnelle le premier novembre 2022, donc la constitution algérienne ne régit pas le peuple kabyle et la Kabylie, qui a également boycotté les législatives du 12 juin 2021. Donc l’Assemblée nationale et les lois algériennes ne s’appliquent pas en Kabylie et ne sont pas reconnues par le peuple kabyle. La Kabylie avait déjà opéré son retrait de l’Algérie».

Dans la même lignée, Ferhat Mehenni a tenu à réitérer, au nom de tous les Kabyles, la reconnaissance de la Kabyle envers le Maroc. « Nous savons que le Maroc a de la sympathie pour la Kabylie, vers laquelle il a fait un pas en 2015 et, depuis, ce pas est resté le même et n’a pas progressé. La Kabylie est reconnaissante au Maroc et à Sa Majesté le roi Mohammed VI d’avoir fait ce geste et de l’avoir répété plusieurs fois. De notre côté, la Kabylie espère aller plus loin dans l’amitié kabylo-marocaine. La Kabylie respectera toujours ceux qui lui ont prêté main forte et ne sera jamais ingrate à l’égard du royaume frère du Maroc… »

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