lundi 20 mai 2024

Les véhicules électriques font bien baisser les émissions de CO2, selon une étude américaine

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L’utilisation en plein essor de véhicules électriques dans certaines parties de Californie réduit bien la quantité de CO2 émise dans ces zones-là, selon une nouvelle étude publiée jeudi.

Ces nouvelles données offrent ainsi un argument de poids aux autorités du plus peuplé des États américains, qui veulent généraliser l’utilisation des modes de transport électriques pour arriver à un «zéro émission nette» de CO2 d’ici 2045.

Grâce à un réseau de capteurs installés à partir de 2012 autour de la baie de San Francisco (où les voitures électriques sont désormais légion), des scientifiques de la prestigieuse université de Californie à Berkeley ont observé une baisse constante des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) émis chaque année.

«Nous démontrons, grâce aux mesures atmosphériques, que l’adoption de véhicules électriques fonctionne, cela a bien l’effet escompté sur les émissions de CO2», a déclaré l’auteur principal de l’étude, Ronald Cohen.

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre et grand responsable du changement climatique.

Plus des deux tiers des émissions de CO2 proviennent de milieux urbains, mais les informations détaillées sur ces émissions sont maigres pour aider le législateur dans sa décision.

Avec son équipe, Ronald Cohen a enregistré une baisse annuelle d’1,8% des émissions de CO2 sur une période de cinq ans.

Croiser ces données avec celles de l’immatriculation des véhicules dans la région de San Francisco, où près d’un véhicule sur 20 est électrique ou hybride, a permis aux chercheurs de conclure que l’électrification avait un impact mesurable.

«L’État de Californie a pour ambition d’être à un net zéro en 2045, et cela requiert une baisse (des émissions) d’un peu plus de 3,5% par an au cours des 20 prochaines années», a déclaré à l’AFP Ronald Cohen.

L’ambitieux plan de la Californie d’atteindre un «zéro émission nette» — où les émissions de CO2 sont grandement réduites et les émissions restantes sont compensées — la place en avance du reste du pays, et de son plan global d’atteindre ce jalon en 2050.

Cet État de l’Ouest américain dispose de certaines des réglementations environnementales les plus strictes aux États-Unis, notamment son projet d’interdire la vente de toute nouvelle voiture thermique d’ici 2035.

Ronald Cohen, qui prévoit d’installer un réseau de capteurs à Los Angeles mais aussi à Glasgow, en Écosse, ainsi qu’à Providence sur la côte est américaine, reconnaît que la rapidité d’adoption des véhicules électriques dans la région de San Francisco en fait un cas d’étude atypique.

«Mais cela montre que c’est possible», dit-il.

«Cela montre à la fois que nous pouvons effectuer des mesures nous permettant d’évaluer l’impact des politiques publiques des villes, et à quel point ces politiques entraînent des changements mesurables.»

Environ 45% de l’électricité consommée en Californie en 2022 était issue d’énergies fossiles, selon les autorités, une part en baisse face à la hausse des renouvelables.

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