jeudi 18 avril 2024

La NASA face à une réduction budgétaire historique : quel impact sur les programmes de l’agence spatiale américaine ?

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Malgré une baisse de 2 % par rapport à l’année précédente, le budget de la Nasa pour 2025 reste le plus élevé au monde pour une agence spatiale. Sans surprise, l’accent est mis sur l’exploration humaine, ainsi que le maintien d’une présence humaine en orbite basse et pour des missions en sciences planétaires et exploration robotique. Des incertitudes persistent en revanche autour de la mission de retour d’échantillons martiens.

La Nasa vient de voir son budget total réduit à 24,88 milliards de dollars, marquant une diminution de 2 % par rapport à l’année précédente où il était de 25,38 milliards de dollars. C’est la première fois en dix ans que le budget est en baisse. Bien que cette baisse soit significative dans l’histoire récente de l’agence spatiale américaine et que cette réduction puisse avoir des conséquences sur les projets de recherche, de développement et d’exploration, il est cependant important de noter que le budget de la Nasa reste le plus élevé au monde pour une agence spatiale.

Il est à retenir qu’en dehors des efforts pour l’exploration, toutes les principales lignes budgétaires, telles que les sciences et les technologies spatiales, subissent une diminution par rapport à l’année précédente. Cette réduction budgétaire s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle des dépenses publiques découlant de l’adoption du Fiscal Responsibility Act de 2023, qui a gelé le plafond de la dette et maintenu les dépenses fédérales au niveau de 2023, à l’exception du Département de la Défense, jusqu’au 1er janvier 2025.

Ceci dit, avec près de 25 milliards de dollars à dépenser sur un an, la Nasa est tout de même bien lotie, comparativement, par exemple, à l’ (ESA) dont le budget s’élève à 17 milliards d’euros, mais pour la période 2023-2025 !

   Priorité à l’exploration humaine

Aux États-Unis, contrairement à l’Europe où le  est primordial, l’exploration habitée reste une priorité forte. Cela se révèle dans les crédits alloués à la Nasa, notamment dans le domaine du programme Artemis. En effet, la seule ligne budgétaire principale en hausse concerne le développement des alunisseurs HLS du programme Artemis, avec une augmentation de 26,5 % pour un montant de 1,9 milliard de dollars. Par ailleurs, des fonds importants sont dédiés au lanceur lourd SLS (2,6 milliards de dollars), à la station orbitale lunaire Lunar  (914 millions de dollars) et aux combinaisons extravéhiculaires de nouvelle génération (380 millions de dollars). Ces investissements, s’élevant à 7,8 milliards de dollars, sont destinés au programme Artemis visant à ramener des astronautes américains sur la Lune, y compris la première femme et la première personne de , et à préparer une présence lunaire durable en vue de futures missions humaines sur Mars. Cela concerne les activités liées aux missions Artemis II à XII, dont les lancements d’Artemis II en 2025, d’Artemis III en 2026 et d’Artemis IV en 2028.

   Maintenir une présence humaine en orbite basse post-ISS

Par ailleurs, un budget de 4,4 milliards de dollars est alloué pour maintenir une présence humaine en  basse, notamment pour l’exploitation de la Station spatiale internationale jusqu’en 2030, avant de transitionner vers l’utilisation de  commerciales. Ce montant inclut des investissements pour un véhicule de désorbitation de l’ et pour développer de nouvelles destinations commerciales et des stations spatiales privées en orbite basse.

   Incertitudes sur l’architecture de la mission de retour d’échantillons martiens

En sciences planétaires et exploration , un montant budgétaire de 7,6 milliards de dollars est prévu. La mission de retour d’échantillons martiens est en cours de révision, ce qui pourrait impacter sa configuration future et les missions concernées par ce budget. En effet, la Nasa devra respecter l’enveloppe budgétaire allouée aux sciences planétaires et à l’exploration robotique, de sorte que des arbitrages pourraient impacter des missions, en fonction des besoins plus ou moins importants de  (MSR).

L’incertitude sur le sort de Dragonfly – une mission à destination de  dont le lancement a été repoussé – est levée avec un financement de 360 millions de dollars. Prochainement, nous vous fournirons des détails sur les principales missions spatiales en cours de développement ou en projet. Le dossier du budget de la Nasa fait tout de même près de 1 000 pages !

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