vendredi 23 février 2024

L’ONU alerte sur l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité alimentaire

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Les Nations Unies ont mis en garde mardi contre l’impact du changement climatique sur la paix et la sécurité alimentaire dans plusieurs parties du monde.

“Selon le Rapport mondial 2023 sur les crises alimentaires, les principaux facteurs de l’insécurité alimentaire et de la faim dans le monde sont les conflits et le changement climatique”, a indiqué la directrice générale adjointe de l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Beth Bechdol lors d’un débat au Conseil de sécurité.

Elle a relevé que quelque 16,258 millions de personnes dans 58 pays sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, précisant que plus des deux tiers y sont confrontés à cause du climat et des conflits, soit 174 millions de personnes.

Lors de cette réunion sur “l’impact du changement climatique et de l’insécurité alimentaire sur le maintien de la paix et de la sécurité internationales”, la responsable onusienne a fait observer que la crise climatique n’épargne personne, “mais elle ne touche pas tout le monde de la même manière ni de la même manière”, ajoutant que les populations les plus exposées à ce risque sont celles qui dépendent de l’agriculture et des ressources naturelles.

“Les moyens de subsistance de ces populations sont très exposés et vulnérables aux impacts du changement climatique, limitant ainsi leur capacité de réponse et les rendant sujets aux conflits liés à la rareté des ressources naturelles”, a-t-elle expliqué.

Pour elle, le changement climatique augmente les risques et les facteurs de conflit et d’instabilité, tels que les conflits concernant la terre et l’eau, alors que les conflits contribuent à la vulnérabilité au changement climatique, notamment pour les personnes contraintes de quitter leur foyer et de migrer.Pour inverser la tendance, la haute responsable de la FAO a recommandé de donner la priorité aux investissements dans la résilience et la durabilité.

“Nous devons construire des systèmes agroalimentaires résilients au changement climatique et des approches locales qui contribuent à construire et à maintenir la paix, en s’appuyant sur l’adaptation, la réduction des risques de catastrophe, outre les approches communautaires”, a-t-elle préconise, lors de cet événement organisé par la Guyane qui assume la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de février.

Elle a également plaidé pour l’amélioration de la coordination stratégique à tous les niveaux en tirant parti des mécanismes existants, tels que le mécanisme de sécurité climatique des Nations Unies.

Il y a lieu aussi, selon l’intervenante, de créer des pôles régionaux pour le climat, la paix et la sécurité, à l’image de celui établi par le Bureau de l’envoyé onusien pour la Corne de l’Afrique.Présidé par Mohamed Irfaan Ali, président de la Guyane, le débat du Conseil de sécurité vise notamment à examiner les moyens de prévenir l’exacerbation de l’insécurité alimentaire à cause du changement climatique et de l’apparition de nouvelles préoccupations en matière de paix et de sécurité dans les pays et régions du monde.

Il s’agit aussi de discuter des mesures et stratégies susceptibles d’atténuer ou d’éviter les pires impacts du changement climatique en matière d’insécurité alimentaire et prévenir de plus grandes menaces à la paix et à la sécurité internationales.

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