jeudi 22 février 2024

Affaire Badraroui et Karimine : les détails de la plainte

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Mohamed Karimine, l’ancien président destitué de la commune de Bouznika, et Aziz El Badraoui, qui a démissionné de son poste de PDG de la société « Ozone » gérant le secteur de la propreté dans plusieurs villes, comparaissent devant le procureur général de SM le Roi à la Cour d’appel de Casablanca.

Cette comparution fait suite à une plainte qui les a poursuivis pendant des années, concernant des déséquilibres et violations dans la gestion de la propreté à Bouznika, ayant conduit à des enquêtes et à l’audition de responsables et employés de la commune.

Karimine et El Badraoui, ainsi qu’un ancien responsable de la propreté à la commune de Bouznika, ont été arrêtés lundi 6 février 2024. Il est prévu qu’ils soient poursuivis après leur audition suite au transfert de leur dossier par la Brigade nationale de la police judiciaire.

Selon le site SNRTnews qui a relayé l’information, la plainte qui les a menés en justice, a été déposée par deux conseillers municipaux auprès du procureur général en novembre 2022, contre les susmentionnés ainsi que des employés de la commune et des membres du comité d’ouverture des plis, pour « dilapidation de fonds publics et violations financières et administratives ».

Elle documente deux périodes témoignant de violations dans la gestion déléguée de la propreté, la première entre 2010 et 2017, et la seconde après 2017.

Selon le contenu de la plainte, sous l’ère Karimine, le conseil communal a modifié le budget de gestion déléguée, le réduisant de 14 millions de dirhams à 8 millions de dirhams. Cependant, en 2015, il s’est avéré que les crédits dépassaient 15 millions de dirhams, et en 2016, ils ont atteint 20 millions de dirhams, sous prétexte d’une décision administrative et d’une dette antérieure du conseil envers la société « Ozone ».

La plainte indique que le président destitué a signé un procès-verbal pour transférer 20 millions de dirhams sur le compte de la société, puis la commune a renoncé aux délais légaux du trésorier régional au profit de la société, en plus de réviser les prix sous prétexte de changer l’emplacement de la décharge.

Les plaignants ont également noté ce qu’ils considèrent comme « des violations dans le cahier des charges », telles que la différence entre les prix unitaires et les prix adoptés dans le tableau du compte global, et le mélange des déchets ménagers avec la terre et les débris de chantier avant de les envoyer à la décharge officielle.

Ils ont observé, en tenant compte du contenu de leur plainte, que les montants sont énormes par rapport à la quantité de déchets collectée, et par comparaison avec d’autres villes.

La plainte mentionne qu’en 2017, le contrat de gestion de la propreté a été attribué à nouveau à la même société, et malgré l’approbation unanime du cahier des charges, il a été modifié par la suite sans l’approbation du conseil, ce qui a poussé le ministère de l’Intérieur à contacter la commune pour apporter des modifications basées sur ses observations, mais elles n’ont pas été prises en compte.

Elle souligne que « le taux de 2.085 kg/personne/jour adopté dans le contrat est élevé par rapport à la moyenne nationale de production (0.8 kg), ce qui donne une fausse représentation du projet », considérant que le salaire annuel estimé dans le contrat à 14 millions et 481 mille et 650 dirhams pour la production de 11882 tonnes par an, (environ 1218 dirhams par tonne) est très élevé par rapport aux prix des contrats similaires au niveau national.

La plainte a été renforcée par des vidéos documentant le mélange des déchets avec de la terre, des témoignages d’employés de l’entreprise, des circulaires du ministère de l’Intérieur, et le cahier des charges avant et après les observations du ministère de l’Intérieur, ainsi que des procès-verbaux d’ouverture des plis.

Avant cette plainte, Karimine avait déjà comparu devant la justice pour une autre plainte concernant des manipulations dans le soutien reçu par une association professionnelle qu’il préside et des transferts suspects vers le compte de l’ancien président du Raja de Casablanca, sans oublier une autre plainte le poursuivant pour suspicion de manipulation dans les plans d’urbanisme et de construction. Des sessions d’audition ont eu lieu, mais ils ont manqué d’autres sessions, avant que l’approfondissement de l’enquête ne conduise à leur arrestation, lundi, par les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire.

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