jeudi 29 février 2024

Crise diplomatique: Le Mali rappelle son ambassadeur à Alger

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Les relations algéro-maliennes n’ont jamais été aussi tendues qu’elles ne le sont ces derniers temps. En réaction à la convocation de son ambassadeur à Bamako, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a convoqué l’ambassadeur malien à Alger… avant de rappeler, dans la foulée, l’ambassadeur algérien à Bamako. Ce à quoi, les autorités maliennes et en application du principe diplomatique de la réciprocité ont répondu par la pareille.

Une situation sans précédent est en train de se dérouler entre l’Algérie et le Mali, les deux pays étant engagés dans un différend qui menace leur stabilité diplomatique. En signe de réciprocité, le Mali a immédiatement rappelé son ambassadeur à Alger après que l’Algérie ait rappelé le sien.

Les autorités maliennes reprochent à l’Algérie d’entretenir des liens étroits avec les forces séparatistes du Nord-Mali, également connues sous le nom d’Azawad. Des voix de la société civile malienne vont même jusqu’à accuser l’Algérie d’armer et de soutenir ces factions séparatistes et terroristes. Selon elles, l’armée malienne (FAMA) lutte sans relâche pour maintenir la stabilité au Mali, tandis que l’Algérie cherche à instaurer une hégémonie régionale dont elle n’a pas les moyens ni la carrure diplomatique.

Ces accusations concernant les liens présumés entre l’Algérie et les groupes terroristes du Sahel, rappelant la guerre civile algérienne et son impact dans les pays voisins de l’Algérie, ont déjà été soulevées par les médias occidentaux et des chercheurs indépendants.

La situation entre l’Algérie et le Mali est également est similaire à celle du Maroc, où l’Algérie cherche à déstabiliser depuis près de cinquante ans en soutenant le mouvement du Polisario depuis la récupération.

L’impasse diplomatique entre Bamako et Alger est maintenant officielle. Les deux pays ont pris la décision de rappeler leurs ambassadeurs respectifs pour consultation. L’Algérie a été la première à agir, rappelant son ambassadeur, suivi quelques heures plus tard par le Mali en appliquant la réciprocité.

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées ces derniers jours. L’Algérie a invité des représentants de groupes armés à participer à des discussions sur le processus de paix, tandis que le président algérien a reçu l’Imam Mahmoud Dicko, qui entretient des rapports difficiles avec les autorités de transition du Mali.

Le 20 décembre, le ministre des Affaires étrangères malien a convoqué l’ambassadeur d’Algérie pour protester contre des « actes inamicaux ». Par la suite, l’Algérie a également convoqué l’ambassadeur du Mali, mais les termes utilisés à l’issue de cette réunion étaient plus virulents et non diplomatique .

Cependant, ces derniers jours, Alger s’active pour relancer le processus de paix. Cette crise diplomatique sans entre les deux pays survient à un moment où l’armée malienne a effectué des frappes de drones à la frontière algérienne, à Tinzawaten, neutralisant Hassan Ag Fagaga, une figure de la rébellion touarègue ayant déserté l’armée malienne.

En outre, le Mali a été invité par le Maroc à participer à une réunion ministérielle de concertation visant à faciliter l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique, ce qui ouvre une nouvelle perspective diplomatique pour le Mali. De ce fait l’Algerie s’isole de plus en plus sur la scène internationale à cause de son double jeu, fait de tentatives de déstabilisatrice de souveraineté des États voisins.

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