dimanche 23 juin 2024

Les aliments ultra-transformés ne seraient pas tous néfastes pour la santé

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Selon une récente étude publiée dans la revue The Lancet, les aliments ultra-transformés ne sont pas tous associés à une augmentation du risque de cancer et de maladie cardiométabolique. Là où la viande transformée et les sodas augmentent le risque, d’autres produits comme le pain, les céréales transformées ou les substituts végétaux à la viande semblent avoir un effet neutre.

Souvent pointés du doigt – à raison – pour être associés à des effets néfastes sur notre santé, les aliments ultra-transformés (AUT) ne seraient pourtant pas égaux quant au risque que leur consommation nous fait courir. C’est ce que suggère une récente étude épidémiologique prospective (cela veut dire que les participants de l’étude ont été suivis dans le temps, à l’inverse d’une étude rétrospective) publiée dans la revue The Lancet, qui a suivi plus de 260 000 participants européens pendant plus de 11 ans. 

La viande transformée et les sodas sur le banc des accusés

Dans leur étude, les chercheurs ont mené l’enquête concernant l’association entre la consommation totale d’aliments ultra-transformés et de certains sous-groupes avec le risque de multimorbidité (définie comme l’apparition d’un cancer et d’une maladie cardiométabolique). La consommation d’AUT a été évaluée par des questionnaires de fréquences alimentaires, outil extrêmement utile pour une aussi large population mais qui expose à des biais en matière de précision. On remarque alors que la consommation totale d’AUT est associée postitivement au risque de multimorbidité avec un risque qui augmente de 5 à 12 %.

Pourtant, lorsqu’on regarde les associations par sous-groupe, on constate que seules la viande transformée (5 à 12 % de risque en plus), les sodas (6 à 12 % de risque en plus) et les sauces transformées (0 à 6 % de risque en plus) sont associés positivement au risque de multimorbidité. Des produits comme les céréales transformées ou les substituts végétaux à la viande semblent avoir un effet neutre.

De la pertinence du concept d’AUT

Compte tenu de ces résultats, la classification Nova – qui sous-tend le concept d’aliments ultra-transformés et la catégorisation des aliments en son sein – pose question. En effet, si cette catégorisation ne permet pas d’opérer une distinction entre des produits dont la consommation doit être encouragée et ceux dont la consommation doit être diminuée, on peut légitimement se demander si le concept est réellement opératoire d’un point de vue de la santé publique. Ces résultats encouragent à ne pas mettre tous les AUT dans le même panier et pointe les limites du concept d’AUT qu’il faudrait complexifier en évitant l’appel à la nature de l’opposition « brut – transformé » et en cherchant à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent leurs effets.

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