mardi 28 mai 2024

Algérie: Les rivalités refont surface avec la réhabilitation du général Ben Ali Ben Ali

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Le paysage politique et militaire en Algérie connaît une nouvelle secousse avec la récente décision du président Abdelmadjid Tebboune de réhabiliter le général Ben Ali Ben Ali, dans une tentative apparente d’affaiblir le général Said Chengriha.

Cette annonce a suscité la surprise et l’attention, car elle met en évidence les profondes divisions qui persistent entre la présidence et l’état-major de l’armée.

Alors que le pays célèbre son 61ème anniversaire de « l’indépendance », l’invitation du général Ben Ali Ben Ali à participer à la cérémonie de remise des grades et à prendre place aux côtés du président et du chef d’état-major soulève de nombreuses interrogations quant aux enjeux politiques et aux luttes de pouvoir qui se jouent en coulisses. 

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a surpris l’opinion publique en réhabilitant le général Ben Ali Ben Ali lors de la remise des grades aux officiers de l’armée algérienne. Cette décision inattendue met en évidence les désaccords persistants entre la présidence et l’état-major, en particulier le chef d’état-major, le général Said Chengriha.

La cérémonie s’est déroulée à la veille du 61ème anniversaire de l' »indépendance » de l’Algérie, donnant l’occasion au président Tebboune de démontrer son engagement envers l’armée. Cependant, la véritable surprise est venue de l’inclusion du général Ben Ali Ben Ali aux côtés de Said Chengriha, à un rang protocolaire équivalent. Cette mise en parallèle souligne les divergences entre la présidence et l’état-major.

Le général Ben Ali Ben Ali, l’un des plus hauts gradés de l’armée algérienne, possède une « aura historique » en tant que membre actif de l’Armée de libération nationale (ALN) pendant la guerre de libération. Contrairement à Said Chengriha, il est le seul ancien membre toujours en activité de l’ALN, ce qui lui confère une légitimité et une influence particulière.

Said Chengriha a tenté à plusieurs reprises de marginaliser Ben Ali Ben Ali en cherchant à le mettre à la retraite ou même en prison depuis sa prise de fonction à la tête de l’état-major. Toutefois, Ben Ali a résisté à ces tentatives et a consolidé sa position en boycottant les réunions des commandants des différents corps de l’armée depuis 2020, tout en renforçant son contrôle sur la Garde républicaine.

Un épisode marquant a été le refus de Ben Ali Ben Ali de participer à une réunion présidée par Said Chengriha pour discuter du sort du président Tebboune lors de son hospitalisation en Allemagne après avoir contracté le Covid-19. Ce geste a été perçu comme un acte de soutien à Tebboune et une opposition au clan des généraux conspirationnistes.

Malgré plusieurs années d’éclipse médiatique et de marginalisation, le général Ben Ali Ben Ali semble avoir été réhabilité et promu. Sa présence aux côtés du président Tebboune et de Said Chengriha lors de la cérémonie du 4 juillet a été largement mise en valeur par les médias algériens officiels.

Cette nouvelle dynamique met en évidence les dissensions profondes entre Said Chengriha et Abdelmadjid Tebboune, le président étant déterminé à obtenir un second mandat malgré l’opposition du chef d’état-major et des anciens généraux influents. Tebboune cherche à consolider son soutien au sein de l’armée pour contrer les plans de Chengriha, de la même manière que son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika, avait utilisé le général Gaid Salah pour affaiblir les services de renseignement dirigés par le général Mohamed Mediène, également connu sous le nom de Toufiq.

La montée en puissance du général Ben Ali Ben Ali confirme ainsi les profondes dissensions entre Said Chengriha et Abdelmadjid Tebboune. Pour le président algérien, sa réélection en décembre 2024 est une priorité absolue, et toutes ses actions sont motivées par sa campagne électorale. Il est conscient que sa réélection est non seulement liée à son amour du pouvoir, mais aussi à sa situation future, car il sait que la prison attend non seulement lui, mais aussi ses trois fils, Mohamed, Khaled et Salaheddine Ilyes, une fois qu’il quittera le palais d’Al Mouradia.

La participation du général Ben Ali Ben Ali à la cérémonie de remise des grades et son placement au même rang que Said Chengriha représentent donc une véritable humiliation pour ce dernier. Il reste à voir comment Chengriha réagira à cet affront, et si cette nouvelle dynamique aura des conséquences significatives sur les relations entre la présidence et l’état-major de l’armée algérienne.

La réhabilitation du général Ben Ali Ben Ali par le président Tebboune, dans le but d’affaiblir Said Chengriha, met en lumière les divisions persistantes au sein du pouvoir en Algérie. Cette décision inattendue et controversée soulève de nombreuses interrogations quant à son impact sur l’équilibre du pouvoir et sur l’avenir politique du pays.

In fine, la réhabilitation du général Ben Ali Ben Ali en Algérie a clairement ravivé les rivalités politico-militaires entre la présidence et l’état-major de l’armée.

Cette décision inattendue de la part du président Abdelmadjid Tebboune vise à affaiblir le général Said Chengriha, en utilisant la stature historique du général Ben Ali Ben Ali pour consolider son soutien au sein de l’armée.

 Cependant, cette démarche risque également d’accentuer les divisions et les tensions au sein des institutions militaires et politiques du pays. Alors que l’Algérie se prépare à des échéances électorales cruciales, la rivalité entre ces puissantes figures pourrait avoir des conséquences importantes sur la stabilité et l’avenir politique du pays.

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