mercredi 22 mai 2024

L’Afrique du Sud au bord d’une violence xénophobe «explosive»

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L’Afrique du Sud est au bord d’une violence xénophobe «explosive» visant les ressortissants étrangers, ont mis en garde mercredi des ONG et experts des droits de l’homme.

Ces avertissements interviennent alors que l’ONU célèbre la Journée mondiale des réfugiés et qu’une étude de Global Witness et du cabinet d’avocats d’intérêt public sud-africain Legal Resources Centre révèle que des publicités haineuses extrêmes et violentes ont été approuvées pour être publiées sur les principales plateformes de médias sociaux.

Dix publicités, basées sur du contenu réel, ont été envoyées pour approbation sur trois importantes plates-formes de médias sociaux et comprenaient des appels à la police sud-africaine pour tuer des étrangers, qualifiés de «maladie», ainsi qu’une incitation à la violence par la «force» contre les migrants. Le message appelant la police à tuer les « étrangers illégaux » a été approuvé dans toutes les langues par les trois plateformes, précise-t-on.

L’année dernière, Johannesburg, la plus grande ville d’Afrique du Sud, avait connu de violentes manifestations anti-migrants, les forces de police sud-africaines augmentant leurs effectifs en réponse à la menace posée par l’opération Dudula, un groupe xénophobe organisant une grande partie de ces manifestations.

«Avec la montée des tensions au cours des deux dernières années et à l’approche d’une année électorale importante pour l’Afrique du Sud en 2024, nous sommes profondément préoccupés par le fait que les plateformes de médias sociaux négligent leurs responsabilités en matière de droits humains en Afrique du Sud», déplorent Global Witness et Legal Resources.

Ces organisations avertissent que les campagnes sur les réseaux sociaux peuvent entraîner des violences dans le monde réel et qu’il est donc impératif que les plateformes ne négligent pas l’Afrique du Sud et prennent des mesures proactives pour protéger les vies humaines et les moyens de subsistance.

Global Witness a mené plus de dix études similaires sur la capacité des entreprises de médias sociaux à lutter contre la haine en ligne, notamment au Brésil, en Éthiopie, en Irlande, au Kenya et au Myanmar. Les résultats ont à chaque fois montré qu’il existe des lacunes flagrantes dans la façon dont ces entreprises détectent, bloquent et suppriment la propagation de la haine sur leurs plateformes.

« C’est un autre résultat décevant pour les entreprises de médias sociaux. Il ne s’agit pas d’un échec ponctuel mais répété de l’application de leurs propres politiques en matière de discours de haine et d’incitation à la violence sur leurs plateformes», note-t-elle.

Dans un message à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Afrique, le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a exhorté les Sud-africains à faire preuve de tolérance et à lutter contre la xénophobie sous toutes ses formes. «Alors que nous abordons la question cruciale de l’immigration clandestine, ne devenons jamais comme les anciens oppresseurs qui cherchaient à diviser le peuple africain et à nous monter les uns contre les autres», a-t-il déclaré.

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