lundi 20 mai 2024

Le  »style arrogant’’ de gouvernance de Macron approfondit la crise institutionnelle

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Le ‘’style arrogant’’ de gouvernance du président français Emmanuel Macron, qui a utilisé les règles constitutionnelles de ‘’manière controversée’’ pour imposer son impopulaire réforme des retraites, exaspère la population et approfondit la crise institutionnelle dans le pays, souligne l’expert international en droit, Xavier Arbos.

« Quel que soit le bien-fondé de la réforme des retraites, le style arrogant de Macron exaspère la population française dans un pays où les protestations sociales sont fréquentes », relève le professeur de droit constitutionnel à l’Université de Barcelone, dans une tribune publiée mardi au journal « El Periodico » sous le titre « La crise institutionnelle française perdure ».

« La France n’a pas encore trouvé la sérénité institutionnelle. Les protestations sociales sont fréquentes dans le pays voisin, conduisant parfois à des émeutes intenses. Le gouvernement de Macron ne disposant pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, l’opposition, de droite comme de gauche, tire profit de cette agitation », analyse le juriste espagnol.

Dans ce contexte, il fait observer que la crise institutionnelle en France est le résultat de l’utilisation par le gouvernement de Macron des « règles constitutionnelles de manière si controversée qu’elles n’apparaissent plus neutres », relevant que « le problème de fond du système politique français est la personnalisation du pouvoir aux mains du gouvernement pour échapper à la pression parlementaire dans les moments critiques ».

De plus, ajoute l’académicien espagnol, « les choses se compliquent davantage lorsque la légitimité du chef d’État est perdue et que le président devient impopulaire. Non seulement à cause des politiques qu’il promeut, mais aussi à cause du manque d’empathie dont il semble faire preuve ».

Il s’agit d’une situation « très inquiétante pour un chef d’État qui, selon l’article 5 de la Constitution, doit veiller au fonctionnement régulier des institutions », conclut-il.

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