mercredi 19 juin 2024

Second producteur mondial de batteries pour véhicules électriques, le coréen LG Energy s’installe au Maroc

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Dans un communiqué diffusé ce 5 avril, le Coréen LG Energy Solution, second producteur mondial de batteries pour véhicules électriques, annonce vouloir sécuriser les matériaux de base pour renforcer sa chaîne d’approvisionnement pour la fabrication de batteries électriques, en se tournant vers le Maroc.

Pour cela, LG Energy Solution déclare avoir signé un accord commercial avec le Chinois Yahua, un fabricant de composés de lithium, afin de produire de l’hydroxyde de lithium au Maroc.

Le Royaume est signataire d’un accord de libre échange avec les États-Unis, ce qui permettra à LG Energy Solution de répondre de manière plus flexible aux différents besoins commerciaux, dont notamment aux États-Unis, tout en visant le marché européen.

L’hydroxyde de lithium est utilisé comme matière première pour les « batteries de véhicules électriques à haute capacité et à haute teneur en nickel » qui nécessitent des performances élevées car il est facile à synthétiser avec du nickel, une matière première clé pour les matériaux de cathode, poursuit-on.

Étant donné que la densité d’énergie d’une batterie augmente à mesure que la proportion de nickel augmente et que le kilométrage par charge augmente, il est important pour l’industrie des batteries d’établir une chaîne d’approvisionnement stable en hydroxyde de lithium., ajoute la communication.

« Sur la base de cette coopération, nous serons en mesure de renforcer davantage la chaîne d’approvisionnement en matières premières sur les marchés nord-américain et européen, où une forte croissance est attendue à l’avenir », a déclaré Kim Dong-Soo, responsable du centre d’achat de LG Energy Solution.

Pour rappel, le Maroc est aujourd’hui avantagé dans le sourcing des batteries pour véhicules électriques destinés au marché américain.

Le Trésor américain avait en effet exclu le Maroc des restrictions imposées aux batteries équipant certains véhicules. Un des aspects de la décision prise par département du Trésor américain rendant admissibles à partir du 1er janvier les véhicules électriques (VE) loués au crédit d’impôt (allant jusqu’à 7 500 dollars) pour véhicules propres à usage commercial pourrait être profitable au Maroc.

La loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA) de 430 milliards de dollars adoptée en août avait mis fin à cet avantage pour les véhicules assemblés en dehors de l’Amérique du Nord. Les nouvelles directives du Trésor ne modifient pas la définition de ce qui constitue un assemblage nord-américain.

L’objectif pour Washington étant d’éliminer progressivement les minéraux ou les composants de batteries chinois. On émet comme condition que la moitié du crédit sera subordonnée au fait qu’au moins 40 % de la valeur des minéraux critiques contenus dans la batterie aient été extraits ou traités aux États-Unis ou dans un pays ayant conclu un accord de libre-échange avec les États-Unis, ou recyclés en Amérique du Nord.

Dans ce contexte, le Trésor américain a déclaré que sa définition d’un accord de libre-échange inclura au moins les accords commerciaux complets existants avec un certain nombre de pays, dont le Maroc. Celui-ci, roi du cobalt étant classé dans le top 10 des producteurs mondiaux, avec ses 2 000 tonnes par an, aura donc tout à gagner.

Par ailleurs, un autre acteur chinois de la production de composants de batteries, similaire à Yahua qui s’associe avec LG Energy Solution, s’est déjà installé au Maroc. Il s’agit de CNGR.

Cela sans oublier les ambitions marocaines d’abriter une future gigafactory pour la production de batteries électriques et dont l’arrivée imminente avait été promises par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.

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