vendredi 12 avril 2024

France : Le géant pétrolier Total s'est officiellement désengagé d'Iran

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Sitôt annoncée par Téhéran, la nouvelle du désengagement d’Iran du géant pétrolier français Total a été relayée largement lundi par de nombreux médias français, en attendant sa confirmation par le Groupe lui-même.

« Total a officiellement mis fin à l’accord pour le développement de la phase 11 du (gisement gazier) South Pars. Cela fait plus de deux mois qu’il avait annoncé qu’il mettrait fin au contrat », a annoncé dans la matinée le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanghaneh, à l’agence Icana, qui est liée à son département.

Début mai dernier, Washington avait annoncé son retrait unilatéral de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances ainsi que son intention de rétablir des sanctions à l’encontre de l’Iran et de toutes les entreprises ayant des liens avec ce pays, donnant à ces dernières un délai de 90 à 180 jours pour se retirer du pays.

Dans une seconde phase, les Etats-Unis ont rétabli, le 6 août, une première série de sanctions contre Téhéran et lancé un nouvel avertissement aux pays qui persisteraient à commercer avec l’Iran.

Outre le pétrolier Total, plusieurs entreprises françaises avaient annoncé, suite aux menaces de sanctions américaines, qu’elles se préparaient à se retirer d’Iran, à l’image du groupe PSA (marques Peugeot, Citroën, DS et Opel).

Alors que le groupe PSA a vendu 444.600 véhicules en Iran l’année passée, Total avait fait savoir qu’il ne mènerait pas à terme le grand projet gazier entamé, en juillet 2017, en Iran à moins d’obtenir une dérogation de la part des autorités américaines.

Une exception tout de même, le PDG de Renault, Carlos Ghosn, avait annoncé que le groupe resterait en Iran, quitte à adopter une « voilure réduite ».

Dans des déclarations remontant au mois de juin dernier, le ministre français de l’Economie et des finances, Bruno le Maire, avait indiqué, dans ce même cadre, que « la plupart » des entreprises françaises « ne pourra pas » rester en Iran après le rétablissement par les Etats-Unis de sanctions contre Téhéran, invoquant l’absence d’institution européenne financière souveraine et autonome qui permettrait à ces entreprises d’être payées pour les produits qu’elles livrent et fabriquent dans ce pays.

Pour parer à cette situation, Le Maire avait plaidé pour « des institutions financières européennes indépendantes et souveraines qui permettent des canaux de financement entre des entreprises françaises, italiennes, allemandes, espagnoles et n’importe quel autre pays de la planète car c’est à nous Européens de choisir librement et souverainement avec qui nous voulons faire du commerce ».

« Les Etats-Unis n’ont pas à être le gendarme économique de la planète et comme visiblement le président américain a décidé d’être le gendarme économique de la planète, c’est à nous de nous doter d’instruments pour ne pas être les victimes de ce choix », avait soutenu le ministre français.

 

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