lundi 17 juin 2024

Participation du Maroc à un colloque international à Abidjan sur le marché financier régional de l’UMOA

-

 ’’Le marché financier régional de l’’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), 25 ans après…’’, tel est le thème central d’un colloque international organisé, jeudi à Abidjan, avec la participation du Maroc.

Le Royaume a été représenté à cet événement par Mme Nezha Hayat, Présidente de l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC).

Placé sous le haut patronage du Président nigérien Mohamed Bazoum et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, le colloque a permis d’échanger avec les différents acteurs du marché sur son évolution, et de dresser les perspectives de développement afin de contribuer au financement des économies de l’Union.

L’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest africaine (AMF-UMOA), précédemment dénommée Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), a décliné par l’occasion son bilan et ses perspectives d’avenir.

Le Président de l’AMF-UMOA, Badanam Patoki, s’est réjoui, dans son intervention, des avancées réalisées par cet organe de régulation, en 25 ans d’activités.

Des avancées significatives ont été enregistrées, notamment l’effectivité de la présidence résidente, l’autonomisation financière progressive de l’Organe dont le fonctionnement était fortement soutenu par la subvention des Etats membres, et la mise en place du cadre règlementaire du Troisième Compartiment dédié aux entreprises, a-t-il expliqué.

L’accent a été mis aussi sur la mise en place de commissions consultatives spécialisées notamment un Comité d’audit et un Comité scientifique, le passage à la cotation en continu le 16 septembre 2013 et l’opérationnalisation de la Bourse en ligne à partir du 1er janvier 2022, la réduction du délai de règlement-livraison des titres de cinq jours à trois jours, l’adoption de textes relatifs à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au sein des États membres de l’UMOA, et la récente loi uniforme sur les infractions boursières et assimilées.

Toutefois, M. Patoki a noté des défis à relever pour faire du marché financier régional, une place financière innovante et attractive pour un meilleur financement des économies de l’Union.

Il a fait savoir dans ce sens que l’essor des nouvelles technologies et de manière générale du numérique, recèle de nombreuses opportunités en termes de développement socio-économique et d’inclusion financière.

De son côté, le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Adama Coulibaly, a noté que la cérémonie officielle marquant le changement de dénomination du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF), mué en Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest africaine (AMF-UMOA) depuis le 1er octobre 2022, constitue une nouvelle étape dans la vie et le développement du marché financier régional.

M. Coulibaly, également président du Conseil des ministres de l’UMOA, a précisé que ce Colloque permet de dresser un état des lieux du marché financier régional dans un contexte économique particulier et de se projeter dans un avenir non moins incertain.

«Les besoins de financement des Etats et des entreprises ont considérablement augmenté ces dernières années, impulsés aussi bien par les enjeux climatiques et énergétiques, que par les défis de développement des infrastructures. (…). Dans le même temps, les ressources conventionnelles de financement s’amenuisent et leurs conditions d’octroi se durcissent», a-t-il fait remarquer.

Pour lui, «le renforcement du rôle du marché financier régional comme moyen de financement à long terme des économies de l’UMOA permettra d’appuyer les actions engagées qui visent la transformation structurelle des économies des pays de l’Union (…). Les marchés des capitaux, grâce à leur capacité d’innovation, doivent constituer une source de financement alternative».

Il s’est félicité des levées de ressources évaluées à plus de 17.581 milliards de FCFA depuis le lancement du marché en 1998, une capitalisation boursière d’environ 16.600 milliards de FCFA pour 156 lignes dont 46 sociétés cotées, plus de 250 intervenants commerciaux agréés pour 1.018 milliards de FCFA d’actifs sous gestion et plus de 10.000 milliards de FCFA d’actifs en conservation.

Toutefois, a poursuivi M. Coulibaly, les attentes demeurent grandes car le Compartiment Croissance de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) dédié aux Petites et moyennes entreprises, mis en place en 2017, n’a pas encore donné la pleine mesure de son potentiel en dépit d’un capital social minimum fixé à dix millions de FCFA pour les entreprises concernées.

- Advertisment -