vendredi 14 juin 2024

SM le Roi: Le contexte actuel est marqué par la recrudescence des causes qui furent à l’origine même de la création de l’UNAOC

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« Le contexte actuel est marqué par la recrudescence des causes qui furent à l’origine même de la création de l’Alliance des civilisations », a souligné SM le Roi dans un Message adressé aux participants au 9ème Forum mondial de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies (UNAOC), qui se tient les 22 et 23 novembre à Fès.

 Et le Souverain d’ajouter que:

– Jamais notre civilisation n’a été aussi exposée, jamais le vivre-ensemble n’a été aussi menacé au quotidien ;

– Rarement l’Autre n’a été autant associé à la suspicion ou n’a été utilisé pour attiser la peur et fomenter la haine ;

– Les extrêmes saturent le débat et disqualifient les discours modérés; les religions sont trop souvent instrumentalisées, lorsqu’elles ne sont pas stigmatisées;

– Le populisme agite les sociétés, inventant des questions sans y répondre, brandissant la migration, tel un épouvantail dans les contextes d’élection et érigeant le migrant en bouc-émissaire;

– Des continents qui ont rompu avec la guerre renouent avec les armes et la violence, sous toutes ses formes;

– La Covid-19 a signé le retour du repli sur soi, alors même qu’elle aurait pu cristalliser la conscience du destin partagé;

– Alors que la planète produit suffisamment pour nourrir l’humanité entière, l’insécurité alimentaire menace le monde ;

– Le terrorisme se nourrit de séparatisme et guette là où l’instabilité politique ralentit le développement socio-économique ;

Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est toujours le moment opportun pour parler de paix – de la paix au-delà de l’absence de conflits ; de la paix comme vision du monde ; de la paix comme rapport à l’autre. Et l’Alliance est, à cet égard, un puissant vecteur de paix.

En effet, à l’opposé des guerres – dont on connait le début, mais jamais la fin –, le dialogue est une réussite par essence. Face à la résurgence de la conflictualité, le dialogue est, toujours, une promesse positive : sinon de différends réglés, du moins d’une connaissance mutuelle renforcée.

Il faut que le dialogue porté par l’Alliance ait voix au chapitre et qu’il construise les conditions de la réussite. C’est du dialogue que viendra le salut, à condition toutefois :

– Que ce dialogue soit inter-civilisationnel : c’est-à-dire inclusif et soucieux de l’humanité dans toutes ses composantes, pour appréhender le monde dans sa pluralité, agir par un multilatéralisme non vertical et incarner l’universel au sens premier ;

– Que ce dialogue soit inter-générationnel : c’est-à-dire qu’il associe la jeunesse et conjugue le futur au présent. Les jeunes ne représentent pas seulement les générations que nous devons préserver du fléau de la guerre et des discours de la haine ; elles sont celles qui, d’ores et déjà, font la paix ;

– Que ce dialogue soit inter-continental : c’est-à-dire non ethnocentrique. Je puis parler de l’Afrique et pour l’Afrique, de la place qui lui revient légitimement et non dans une arrière-cour ; du traitement auquel elle a droit : ni assistée ni laissée pour compte ; qu’elle ait les partenaires qu’elle mérite et qui la méritent et qu’elle soit considérée pour ce qu’elle est : c’est-à-dire le poumon démographique du monde et son réservoir économique, avec ses espoirs et ses atouts.

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