dimanche 26 mai 2024

Populisme : Benkirane persiste et signe

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Lareleve.ma


  Les sorties du chef de gouvernement sont souvent marquées par un certain populisme empreint de burlesques à outrance.

 

    Le mardi, lors du meeting organisé par l’UNTM, La branche syndicale du PJD dirigée par Mohamed Yatim, lors de la fête du travail, Benkirane récidive en recourant au registre habituel qu’il maitrise à merveille.

 

  En effet, le chef de gouvernement vole la vedette lors de la fête du travail et qualifie ses adversaires de « crocodiles », soulignant qu’ils veulent parasiter ses relations avec le Palais. Je vais lutter contre «les crocodiles» qui ne cessent de tisser les complots contre nous » a-t-il dit. Il va même jusqu’à dire qu’il ne craint pas l’avenir aussi longtemps que tous le peuple l’aime et prie pour lui !.

 

  Des propos que d’aucuns qualifient de paroles  irrationnelles et en discordance avec la réalité, tant le PJD s’est trouvé avec plus d’un millions de voix lors des dernières législatives alors que la population marocaine dépasse les 30 millions.

 

  Il faut se rappeler le climat régnant avant les élections de novembres 2011, et qui a présidé à la victoire du PJD, qui se trouvait dans la scène politique marocaine plus d’une quinzaine d’années. En effet, un climat morose régnait sur le champ politique marocain mené par des partis usés en majorité et manquant de crédibilité, le souvenir d’un taux d’abstentionnisme impressionnant de 2007, les échos du printemps démocratique marqué par des mutations géopolitiques, les manifestations du Mouvement 20 Février et bien sûre le cadre de la nouvelle constitution et une demande sociale pressante notamment de la part des jeunes et du monde rural, et au passage, une crise financière devenant structurelle et non conjoncturelle qui plane sur le monde entier.

 

  Le PJD a su en profiter, sa victoire est due essentiellement à cette conjoncture dont il a bien bénéficié, de sa virginité politique en gestion de la chose publique contrairement à l’usure dont souffrent la majorité des autres partis, et le fondement de sa compagne et ses discours sur la moralisation de la société. De plus, il s’agit bien, d’un parti pragmatique. En effet, le PJD, change de position et s’adapte très rapidement, surtout en termes de communication et de langage simple compris par tout le monde; exprimer la colère populaire avec les mots du peuple!

 

  Ce sont là les caractéristiques du discours populiste du chef de gouvernement qui, au moyen de paroles alléchantes et de surenchère politique, tente de gagner la sympathie d’une grande frange du peuple, en plaçant toute la faute de l’échec de son gouvernement et des difficultés qu’il rencontre, sur des démons imaginaires.

 

  La diabolisation de l’ennemi et sa qualification de tous les vocables du registre populiste sont des symptômes d’une incapacité d’épouser un discours politique sain et dépourvu de langage simpliste qui, s’il est toléré pour une opposition non responsable, ne l’est surement pas pour un dirigeant politique et chef de l’exécutif de surcroît.

 

  D’ailleurs, lors des festivités célébrant le 1er mai qui se sont déroulées dans une ambiance terne, le secrétaire général de la CDT, Noubir Amaoui s’est attaqué à Benkirane et a accusé son gouvernement de manque de visibilité, d’hésitation et de populisme, alors que le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukhariq a déclaré que les relations interprofessionnelles au Maroc demeurent marquées par l’anarchie.

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