jeudi 25 avril 2024

Procès Bouachrine : Récit d’une première audience tendue

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C’est ce jeudi 8 mars que s’est ouvert le procès de Taoufik Bouachrine, le directeur de Akhbar Al Yaoum, dont les abus présumés ont défrayé la chronique depuis l’éclatement des scandales sexuels dont il est accusé.

Dès 9 heures du matin, l’ambiance dans la salle 7 de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca était tendue, selon notre envoyé sur place.

Ils étaient, en outre, plus de 20 avocats à défendre l’une et l’autre partie. La séance a été levée à cinq reprises à cause des échanges musclés entre les plaignantes et le comité de défense de Bouachrine. La présence d’un « public » venu en grand nombre, des journalistes locaux et correspondants étrangers pour la plupart, n’a pas manqué de rajouter de l’huile au feu.

Sitôt que Bouachrine a fait son apparition, critiques et même injures ont fusé de toutes parts. Sur la simple qualification des plaignantes, présentées comme «victimes», l’avocat du directeur d’Akhbar Al Yaoum, Me Mohamed Ziane a d’ailleurs failli en venir aux mains avec Benjelloun Touimi, avocat de certaines plaignantes.

L’apparition remarquée de trois nouvelles plaignantes n’a pas manqué d’enflammer un peu plus la salle et la défense des deux parties.

En définitive, les avocats de Bouachrine ont décidé de déposer un recours contre les procès-verbaux de la police auprès de la Cour de cassation au prétexte qu’ils ont été falsifiés. Un recours confirmé par le principal concerné, soit Bouachrine lui-même, et signé séance tenante par l’accusé.

Le représentant du Parquet général a crié au caractère illégal d’une telle démarche. Le même refus a été opposé à cette signature par le Procureur général du roi qui n’a pas donné suite auxdites accusations de falsification.

La prochaine audience a été fixée au 15 mars prochain.

Accusé, entre autres, de viols, violences, harcèlements en tous genres et même de traite d’êtres humains, le directeur d’«Akhbar Al Yaoum», Taoufik Bouachrine, a comparu pour la première fois devant la justice.

Il a été arrêté le vendredi 23 février et depuis, il est en détention pour viols, violences, harcèlements et traite d’êtres humains. Le tout est documenté, selon la police, par 50 enregistrements vidéo dont il serait lui-même l’auteur. Ses victimes, pour la plupart des collaboratrices au sein de son journal, sont au nombre de 8.

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